
On parle, avec raison, d’un cataclysme en Asie du Sud. L’intensité inédite du séïsme, l’ampleur des destructions, le nombre de morts (plus de 120000 ?), la dimension quasi-planétaire du phénomène justifient l’utilisation d’un tel vocabulaire.
Mais, dans cette catastrophe comme dans beaucoup d’autres, la pauvreté amplifie la violence destructrice du phénomène.
Ici, dans nos pays riches, les sytèmes d’alertes auraient permis d’évacuer rapidement une partie des zones menacées, l’efficacité des secours aurait atténué les effets humains, la qualité de nos infrastructures et de nos services aurait facilité et accélérer le travail des secours. Comme pour les tremblements de terre (cf. tableau en bas de l’article), le bilan aurait sans doute été infiniment moins dramatique.
La bas, dans ces pays, la concentration humaine, la pauvreté, l’indigence des services de l’Etat (Systèmes d’alerte, secours...) est un facteur aggravant de la catastrophe.
Si on ne peut empêcher de telles catastrophes, les moyens existent pour en atténuer les effets. Les pays riches qui bordent le pacifique sont depuis longtemps équipés d’un système d’alerte.
Est-il alors légitime que seuls les pays les plus riches disposent de ces moyens ? La sécurité face aux risques naturels doit-elle dépendre de la richesse économique ? N’existe-t-il pas une obligation morale de transférer ces systèmes technologiques d’alerte vers les pays pauvres ?
Ces questions nous rappellent la nécessaire solidarité Nord-Sud. Elle nous renvoie à nos responsabilités dans le développement de ces pays et la sécurité de leurs populations.
Pour comprendre la relation entre niveau de développement économique et conséquences humaines des séïsmes, voici ce tableau :
| Année | Région | Pays | Intensité | Nombre de victimes |
| 1988 | Arménie | URSS | 6-7 | 25000 |
| 1990 | Ghilan | Iran | 7,3 | 37000 |
| 1994 | Los Angeles | USA | 6-7 | 50 |
| 1995 | Kobe | Japon | 7,2 | 6500 |
| 1999 | Izmit | Turquie | 7,4 | 20000 |
| 1999 | Taïwan | Taiwan | 7,3 | 2500 |
| 2001 | Gujarat | Inde | 7,9 | 20000 |
| 2003 | Alger | Algérie | 6,8 | 2277 |
| 2003 | Bam | Iran | 6,3 | 20000 |
On constaste que, plus que l’intensité du séïsme, c’est le niveau de développement économique qui explique le nombre des victimes.









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