
Ce que pense certains.
De nombreuses similitudes existent entre ces deux personnalités politiques. Les deux sont des stars médiatiques, utilisant à merveille l’image et le pouvoir des médias pour conquérir les opinions publiques. S’ils critiquent le système politico-médiatique en place, ils en en sont paradoxalement les premiers bénéficiaires. Ségolène Royal a construit sa popularité sur une image en rupture avec celle véhiculé par les éléphants du PS. Hors courant, hors système, elle incarne une forme de renouveau du personnel politique. Bové fait de même. Face aux apparatchiks du PC ou de la LCR, il bénéficie d’un a priori favorable. Dans ces deux cas, une certaine virginité politique (évidemment infondée) sert une stratégie politique précise. Au sein du PS, S. Royal semble être en passe de fédérer au delà même de son propre cercle de pensé idéologique. J. Bové pourrait réussir le même coup : l’alliance de la carpe et du lapin, le rassemblement des productivistes du PC et des anti-productivistes des Verts, des trotskistes de la LCR et des anciens leninistes du PC, des nucléophiles de Gauche et des nucléophobes... Bien sur, cette capacité de rassemblement se fait au prix de contradictions évidentes. La encore, et dans les deux cas, le rassemblement se fait plus sur une image que sur un contenu.
Ce qu’espèrent d’autres.
Nombreux sont ceux qui chez les écologistes ou dans la mouvance du Non au TCE veulent croire à une candidature Bové, l’espèrent et la désirent. Clairement, il est perçu comme l’héritier, le digne représentant des nonistes. C’est d’ailleurs autour de cette fracture à Gauche que lui même inscrit sa candidature : « Mais je m’inscris dans une démarche collective. Elle fait suite à la dynamique créée par la campagne qui a amené au vote du 29 mai 2005. ». Tout comme le TCE et la fantasmatique « concurrence libre et non faussée » avaient permis de fédérer des forces politiques hétéroclites, c’est désormais autour de J. Bové et de son image populaire que pourrait, selon ses partisans, se rejouer cette union improbable. Hélas, même dans l’ultra-Gauche, notre Ségolène à moustache ne fait pas l’unanimité. Buffet, Besancenot, Chevenement, Laguiller, Fabius... ne jure que par leur propre candidature, la seule, aux yeux de chacun d’eux, capable d’incarner cette soi-disante vrai-gauche. Dispersée, balkanisée politiquement, l’ultra-gauche est soumise aux logiques des appareils politiques qui la composent. Le choix de Bové comme candidat de l’Ultra-Gauche serait un choix d’appareil, pas un choix de militants ou des sympathisants. Autant dire que l’espoir de cette candidature est réduit. On voit mal, le PC renoncer à cette tribune politique que constitue l’élection présidentielle, la LCR ne pas profiter de l’avantage que lui donne les sondages pour son populaire facteur ou Chevénement soutenir les positions libertaires de J. Bové. Bref, autant il était aisé de rassembler contre une mesure ou un traité (TCE, CPE...), autant il sera difficile de s’accorder autour d’un projet commun lorsqu’on défend des opinions aussi diverses (pour ne pas dire divergentes) entre PC, LCR, Verts et MRC.
Ce que je redoute
Quand à moi, qui appartient à cette fausse-gauche, celle qui a soutenu la ratification du TCE, je redoute cette candidature de Bové. Non pas en tant que telle, mais par les conséquences qu’elle engendre déjà. Cette candidature, aussi mince que soit ses chances d’aboutir, conforte l’idée qu’il existerait deux gauches antagonistes. Peu à peu, la campagne qui se déroule actuellement distille dans l’opinion cette analyse : Une Ultra-Gauche incarnerait les vraies valeurs de la gauche face à une autre Gauche corrompue par la tentation libérale. Peu à peu, cette Ultra-Gauche, incapable de dépasser et de tirer des conclusions sereines et mesurées du 29 mai, trace une ligne, construit un mur infranchissable entre les deux gauches supposées. Et Bové ne fait rien d’autre lorsqu’il inscrit sa candidature dans la dynamique du 29 mai. Drôle d’attitude pour qui veut former un rassemblement populaire que de rejeter un électorat qui a choisi une autre voie le 29 mai 2005...
Pour les Verts, s’échapper de ce clivage et défendre une troisième voie
S’agissant des Verts, leur priorité, au delà des anecdotiques problèmes de désignation de leur candidat, devrait être de refuser ce clivage ridicule et artificiel dans lequel beaucoup d’engouffrent. La Gauche en France ne peut se résumer à cette caricature qu’on nous propose actuellement. Ni à la remorque de l’Ultra-Gauche, ni satellites du PS, les Verts doivent assumer un positionnement politique différent qui passe par une véritable indépendance dans les esprits et les faits. Le retour au Ni-Ni de Waechter ? Non, l’écologie politique, fondamentalement de Gauche (partage du travail, rééquilibre Nord/Sud...), doit tracer les contours d’une troisième voie. Une troisième voie qui pour être crédible et originale devra s’affranchir des approches binaires et simplificatrices qui dominent le discours politique actuel.









Une quatriéme voie,rien a voir avec Royal qui est le sosie de Sarko,tous ces fantoches des partis ,pronent les même ideaux ultra liberaux et Bové est issu du civil,libre et sans parti,representant de millions de gens comme moi qui sont pour la decroissance et une autre vision de la fin d’un monde entrain de se faire et ces cornichons n’en parlent pas,l’eau,l’air,la terre,la faune ,la flore,les humains,tout ca,ca exitent pas,Bové,lui ne parlme que de cela ,il se mouille ,va sur le terrain ,resiste a ces enfoirés qui travailent pour les multinationales ,il a des gens formidable autour de lui,ils sont prets assumer leur tâche et on un programme,vous verrez cela en Septembre, et vraiment Royal et Bové n’ont rien de rien a se dire,Royal a des OGM dans son departement et les a autorisé ,elle est pout l’EPR,etc ;elle adore Blair ce vassal de Bush,petit dictateur qui regne sur la peur qu’il fabrique pour tenir les gens au sol,la democratie c’est l’expression du peuple et Royal est tellement vide,c’est sidéral !!
Comme vous, je suis pour la décroissance, pour un monde plus solidaire mais je ne me reconnais pas dans la candidature potentielle de Bové.
En annonçant sa candidature comme l’héritière des collectifs du NON au TCE, Bové a exclu de fait une partie importante des écologistes qui ont voté OUI.
J’ai voté OUI et je revendique ma place à Gauche et dans l’écologie. Mais, Bové dans la campagne qu’il met en place, avec ses amis, m’en exclut de fait. Cette campagne fonctionne pour le moment en circuit fermé, autour des mêmes collectifs qui ont animé la campagne du NON. C’est une démarche génante pour rassembler tous les écologistes !
Je vous laisse encore croire à une candidature unitaire autour de Bové. La réalité politique va rapidement rattraper notre ami moustachu. Les Buffets, Laguillers, Chevenement, Besancenot et consort vont bientôt siffler la fin de la récrée et de vos espérances. J’en suis désolé, mais la campagne du NON de 2005 a davantage servi les intérêts de quelques partis politiques plutôt que ceux de l’Europe et de l’Ecologie. Sinon, la fameuse unité aurait été réalisée depuis fort longtemps...