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Comment va la Terre ? (4)

Pas très bien. La fièvre qui l’accable continue de monter. Ainsi, l’année 2007, selon le rapport de l’OMM, rentre dans le top 10 des années les plus chaudes depuis plus d’un siècle.

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L’évolution des températures sur le globe

Heureusement, nous avons l’inénarrable Claude Allège qui affirme dans son dernier livre que non, non, l’année 2007 fut au contraire très froide : « En 2007, le froid a sévi partout, de l’Argentine à la Chine en passant par l’Irak (Bagdad a connu la neige pour la première fois de son histoire) sans parler de l’Afghanistan. », pour l’instant l’analyse est digne de celle tenu au Café de la Poste, un samedi entre deux ballons... Et de poursuivre plus sérieusement : « Le Hadley Research Center a annoncé que l’année 2007 avait été l’année la plus froide depuis 50 ans. La température moyenne (notion que je n’aime pas car je ne suis pas sûr qu’elle soit bien définie ni physiquement signifiante) a baissé de 0,6°C, annulant l’accroissement de température moyen depuis 20 ans. En matière de réchauffement climatique, on fait mieux ! ».

Qui croire ? Ben justement... l’OMM cite dans son rapport sur l’analyse du Hadley Research Center qui, contrairement à ce que dit Allègre, place 2007 comme la 7e année la plus chaude depuis le début des relevées. De son côté, l’administration américaine (la NOAA) assez peu suspecte de complaisance envers les écolos, place l’année 2005 comme 5e année la plus chaude. La Nasa, elle, situe l’année 2007 comme la deuxième année la plus chaude. Mais ses chiffres ne sont pas cités par l’OMM. Pourtant, malgré l’OMM, le Hadley Researc Insitute, la NOAA, Allègre persiste à nier l’évidence du réchauffement climatique.

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Les anomalies par rapport à la moyenne calculée (1961-1990)

Je n’ose revenir sur les exemples cités par Allègre pour justifier ces élucubrations : Neige en Irak, coup de froid en Chine ou en Argentine... La question climatique ne s’analyse évidemment pas à travers quelques phénomènes météorologiques locaux, mais bien par le biais de tendances mesurées sur le moyen terme. Paradoxalement, les climatologues nous disent que le réchauffement global pourrait s’accompagner d’un accroissement des phénomènes extrêmes et locaux. Canicule ici, ouragan là bas, pluies diluviennes ou coup de froid intense ailleurs. Bien mieux que moi, l’excellent journaliste Sylvestre Huet, démontre l’énorme absurdité du raisonnement de Claude Allègre.

Revenons à nos moutons et au rapport de l’OMM. Dans le détail, c’est surtout l’hémisphère Nord qui se réchauffe le plus vite. C’est assez logique puisque c’est celui qui comporte la plus grande proportion de terres émergées. Les Océans très présents dans l’hémisphère Sud ont une inertie plus importante qui limite les effets du réchauffement global. Les épisodes météorologiques extrêmes ont été nombreux. Un peu moins de typhons (dans le pacifique), un tout petit peu plus d’ouragans (dans l’atlantique), mais surtout une multiplication des épisodes extrêmes un peu partout dans le monde : sécheresse en Australie, pluies diluviennes en Indonésie, hiver extrême en Argentine...

Mais tout ces phénomènes, très prégnants pour nous autres, hommes développés, cachent un autre aspect climatique bien plus inquiétant, celui de la réduction de la banquise arctique. : « En septembre, l’étendue moyenne de la banquise était de 4,28 millions de km2, soit la plus faible jamais constatée. À l’issue de la saison de la fonte des glaces de l’Arctique, l’étendue de la banquise était inférieure de 39 % à la moyenne calculée pour la période 1979-2000 et de 23 % à celle de 2005, l’année du record précédent. La disparition partielle des glaces dans l’océan Arctique a ouvert le passage du Nord-Ouest pendant environ cinq semaines à partir du 11 août. Près de 100 navires ont pu emprunter ce passage sans risquer d’être bloqués par les glaces. Aujourd’hui, l’étendue de la banquise permanente telle qu’elle est mesurée en septembre diminue d’environ 10 % par décennie depuis 1979, soit 72 000 km2 par an. »

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L’étendue de la banquise arctique

Signe du réchauffement global ? Sans aucun doute. Mais cette fonte des glaces arctiques, vous le savez, ne fera pas monter le niveau des océans. Tout comme le glaçon dans votre pastis, lorsqu’il fond ne fait pas monter le niveau du petit jaune... Cependant la disparition des glaces arctiques, pourrait déclencher l’emballement du moteur climatique. En effet, l’une des vertus de cette glace est de renvoyer une grande partie de l’énergie solaire dans l’espace. C’est ce que appelle l’albedo. Sur une échelle de 0 à 1, l’indice de l’albedo est estimé entre 0,30 et 0,40 pour la glace et seulement entre 0,05 et 0,15 pour la mer (moins que pour un sol cultivé). Moins de glace, c’est donc bien plus de chaleur captée par les océans. Autant dire, que la disparition de cette glace pourrait accélérer le processus de réchauffement de l’océan arctique et par voie de conséquence (car on connaît l’importance des océans dans les régulations climatiques) influer considérablement les dérèglements que nous subissons déjà.

C’est donc un bilan sombre que nous trace l’OMM. Et le temps presse. Selon l’Onu, il ne reste que 7 ans pour réagir et inverser la tendance des émissions de CO2.

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L’état du climat mondial en 2007

Commentaires

1 Message

  1. Comment va la Terre ? (4)

    soupirs !!!! c’est assez modéré comme ça ????

    par auriol martine | 13 juillet 2008, 18:40

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