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Accueil du site > Produire > Crise pétrolière ou crise de société ?
lundi 1er mai 2006, par
- 675 visite(s) - Prévision : 1 visites aujourd'huiA Arcachon, les pêcheurs protestent depuis plusieurs jours contre l’augmentation du prix du gazole ; crise sectorielle qui pourrait bien d’ici quelques mois faire boule de neige dans d’autres catégories ici à Troyes.
Cette colère des pêcheurs est compréhensible. La part du gazole dans les charges de ces micro-entreprises est telle qu’une hausse aussi importante que celle que nous connaissons depuis plusieurs mois affectent de manière dramatique un métier déjà fragilisé. "Le prix du gazole est aujourd’hui de 0,52 euro le litre, alors que le seuil de rentabilité devrait être à 0,30 euro le litre" affirment dans Lemonde.fr un responsable du mouvement.
Hélas, les marins-pêcheurs, premières victimes du 3e choc pétrolier, se battent, comme Don Quichotte, contre des moulins. Combat perdu d’avance car cette hausse n’est pas conjoncturelle. Une aide de l’Etat ne suffira qu’à calmer un temps, cette colère. La hausse du pétrole va se poursuivre et sans doute s’amplifier. Et demain, d’ici quelques mois, ces mêmes pêcheurs retrouvons les mêmes difficultés.
Timide prise de conscience, Dominique Bussereau a annoncé un plan d’aide de 40M€ pour financer des investissements destinés à réduire la consommation de gazole. C’est mieux que rien mais cela arrive bien tard. Voilà plus d’une dizaine d’années que les écologistes alertent sur les dangers de la déplétion pétrolière ; voilà plus d’une dizaine d’années que ces écologistes affirment qu’il faut, le plus vite possible, prendre des mesures pour réduire notre dépendance pétrolière. Une dizaine d’années de perdue qui nous oblige à agir dans l’urgence.
Affirmer que le cours pourront encore doubler d’ici deux ans n’est d’ailleur plus impensable lorsqu’on observe l’évolution des prix depuis 2002 :
15$ en 2002
40$ en 2004
70$ en 2006
Très localisées, les difficultés que connaissent les pêcheurs pourraient alors demain se généraliser. Transport routier, taxi, agriculture... les secteurs où le pétrole constitue une base essentielle de l’activité seront les premiers touchés. Les catégories les plus modestes seront également les plus sensibles à ce choc. Par effet boule de neige, toutes les autres activités économiques seront touchées à des dégrés variables. Troyes, l’Aube ne seront, malgré notre belle centrale nucléaire, pas épargné. C’est donc aujourd’hui, à travers les choix engagés par la ville en matière d’urbanisme ou de transport, qu’il faut agir :
Repenser les modes de déplacement urbain
Privilégier un urbanisme économe en énergie
Deux pistes indispensables parmi beaucoup d’autres qu’il faudra mettre en oeuvre le plus vite possible.
Ce n’est hélas pas vers ces choix que s’engage notre ville de Troyes. Dans ce domaine, cette irresponsabilité politique risquedêtre lourde de conséquence.