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Elle revient, elle revient, l’Autoroute Troyes-Auxerre

On n’y peut rien ; c’est un peu comme votre belle-mère ou un affreux bouton sur le visage, ça revient régulièrement : le projet d’Autoroute Troyes-Auxerre-Bourges.

L’Est-Eclair dans son édition du 16 novembre 2005 nous fait ainsi part de ce come-back, avec une joie à peine dissimulée dans le titre :"l’espoir renaît pour l’autoroute Troyes-Auxerre-Bourges".

Les come-back (Sylvie Vartan, Jean Luc Lahaie...) ont souvent un petit goût de pathétique. On veut nous faire croire que c’est neuf, beau, dans le vent, mais, rien à faire, cela sent la naphtaline. Et ici, cette autoroute a en plus un arrière goût de bitume et de pétrole.

Pour nous faire saliver d’envie (ou de désespoir), on nous explique que les collectivités locales (régions, départements) se sont engagées officiellement sur un financement du projet. Belle générosité que de financer avec l’argent public (400 à 600 millions) une infrastructure qu’exploitera une société privée ! (Au passage, je rappelle que notre région est dirigée par la Gauche, cherchez l’erreur). Générosité d’autant plus grande que l’autoroute en question risque de ne pas être rentable (trop peu de trafic). Quelle société privé ira mettre son nez dans une telle galère ?

Suis-je dans l’erreur ? Quelques lignes plus loin, l’article nous précise, à ma grande surprise, qu’"aujourd’hui, les études font apparaître un trafic moyen journalier supérieur à 10000 véhicules par jour entre Bourges, Auxerre et Troyes.". Heureuse coïncidence, 10000 véhicules/jour, c’est justement le seuil de rentabilité nécessaire pour envisager une telle infrastructure. Diantre, plus de 10000 véhicules par jour entre Troyes et Auxerre ?

En réalité, maladresse sans doute du journaliste, il ne s’agit pas du trafic actuel, mais du trafic supposé au cas où, peut-être, dans quelques années, si tout se passe bien, on construit cette autoroute. Pour justifier mes propos voici ce que dit J.P Soissons (farouche défenseur du projet) le 11 octobre 2005 : "D’après les services de la direction des routes, elle pourrait être empruntée par plus de 10 000 véhicules chaque jour..." [1]

La langue française est belle, on transforme un conditionnel en indicatif et tout devient possible...

Or, on n’engage pas de telles dépenses (1,6 à 1,8 milliard d’euros) sur un trafic supposé mais sur un trafic réel et constaté. Et seule la portion Troyes-Saint Germain (15000 véhicules/jour) est véritablement rentable. Mais construire une autoroute pour 6 km, avouons que ce serait ridicule.

Plus généralement, à propos des politiques de transport, on pourra constater :

- D’un côté, l’ardeur de la région et du département à soutenir ce projet autoroutier (alors même que la crise énergétique nous menace) ;
- de l’autre, leur tiédeur à financer l’électrification du Paris-Bâle ou le développement d’une liaison ferroviaire Troyes-Chalons.

Voilà qui en dit long le fossé qui sépare ces deux majorités (pourtant opposées) des préoccupations environnementales.

Voir en ligne : L’argumentaire des Verts-Aube

Notes

[1] Source : Assemblée Nationale

Commentaires

1 Message

  1. Elle revient, elle revient, l’Autoroute Troyes-Auxerre

    Arretons les betises il faut faire cet autoroute
    Pour le developpement du Centre de la France
    C’est plutot les voitures qu’il faut corriger et non les axes

    par jmfer | 18 septembre 2007, 11:19

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