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Et si on triait nos déchets dans la rue ?

dimanche 11 juillet 2010, par Pascal Houplon | article consulté 124 fois

Il n’est pas question ici de vider vos poubelles sur le trottoir pour y séparer le bon grain de l’ivraie ou plutôt la boîte de conserve du vieux reste de cassoulet ! Non. Il s’agit, à l’image de ce que chacun a pris l’habitude de faire chez lui, de proposer, dans les rues, à côté des poubelles traditionnelles, d’autres poubelles pour y jeter les déchets recyclables (cartonnettes, cannette en alu...).

L’idée n’est pas neuve. Outre-Rhin, chez nos cousins teutons, des poubelles de toutes les couleurs fleurissent dans les rues. Des bleues, des jaunes, des vertes, des rouges... chacune est là pour recevoir un certain type de déchets : du verre, du papier, des emballages ou le tout-venant. Pourquoi diable ne pas suivre cet exemple ? Pourquoi ce que sommes capables de faire plus ou moins bien à nos domiciles, serions-nous incapables de le faire dans la rue ?

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Cette initiative pourrait rapidement se généraliser dans les rues de l’agglomération. Evoquée à Troyes lors des réunions sur l’Agenda21, elle est actuellement testée dans les rues de Sainte-Savine. Dans la ville de Jean-Jacques Arnaud, plusieurs lieux stratégiques sont désormais équipés d’une double-poubelle avec d’un côté un sac noir pour le tout-venant, de l’autre le fameux sac jaune translucide pour les emballages. On est encore loin de l’exemple allemand, mais l’effort de Sainte-Savine mérite d’être salué.

Soyons honnête : pour le moment, le résultat ne semble pas concluant. Dans les deux sacs, on trouve à boire et à manger (au sens propre comme au sens figuré) ; des cannettes en alu dans le sac noir, des papiers gras, des mouchoirs dans le sac jaune, un emballage en carton dans le sac noir, une bouteille en verre dans le jaune... Tout ce spectacle pourrait déprimer l’instigateur de cette heureuse initiative et lui faire renoncer à poursuivre cette action. Que celui-ci avale une bonne boîte de Prozac et se rassure ! L’objectif n’est pas (ou ne devrait pas être) de collecter des quantités astronomiques de déchets recyclables. Même avec la meilleure volonté, les quantités triées dans les rues resteront insignifiantes comparées à ceux que produit un foyer traditionnel. Et pour améliorer le tri, les marges de manoeuvres sont au coeur des habitations, pas au milieu de la rue. En vérité, une telle initiative a des vertus bien plus intéressantes que le simple constat d’un tri bien effectué dans la rue. Elle permet de banaliser le geste du tri. Elle fait voir notre canette, non plus comme un déchet, mais comme une matière première à valoriser. Elle propose, à chaque coin de rue, une piqûre de rappel sur la nécessaire valorisation des déchets. La répétition restant toujours l’un des fondements des apprentissages, la présence de ces poubelles sélectives constituerait une invitation permanente à mieux trier chez soi.

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De toute évidence, pour être efficace et pour donner toute sa pleine dimension, cette initiative ne doit donc pas se contenter de ce test restreint sur quelques points clés choisis pour essayer de collecter un maximum de déchets recyclables. Pour fonctionner, il semble au contraire nécessaire de l’amplifier dans trois domaines.
- Dans le temps d’abord. Les changements de comportement sont évidemment long. Et la dimension pédagogique de cette initiative ne pourra avoir de sens que si elle s’inscrit dans une longue durée.
- Dans l’espace ensuite. Sans systématiquement chercher à équiper toutes les poubelles, il paraît nécessaire que chaque rue soit équipée d’au moins un de ces dispositifs. Là encore, c’est une des conditions nécessaires à l’efficacité pédagogique de cette initiative.
- Dans l’offre proposé enfin. La présence d’une poubelle pour le papier semble indispensable et fait manifestement défaut actuellement si l’on se penche sur le contenus de ces poubelles. A l’image de l’Allemagne, trois ou quatre poubelles renforceraient la dimension pédagogique de ce dispositif et, par conséquent, son principal intérêt.

Pour finir, il convient d’évoquer la responsabilité de chacun dans cette initiative. C’est naturellement à la CAT, puisque c’est la CAT qui a en charge la collecte sélective, de mener à bien ce projet. Cela permettrait de couvrir toute l’agglomération et de donner ainsi à cette action une portée bien plus grande qu’aujourd’hui. Le hic c’est qu’une poubelle, aussi vulgaire que l’objet puisse paraître, appartient au mobilier urbain et que, pour le moment, chaque commune de l’agglomération gère son mobilier urbain de façon indépendante. Autrement dit, si la CAT a la compétence en matière de déchets recyclables, l’achat d’une petite poubelle dans la rue reste de la responsabilité municipale ! Cet imbroglio dans les compétences respectives de chacun, cette situation parfois ubuesque pourrait hélas constituer un frein au développement d’une telle initiative. Autant dire que la question du renforcement des compétences de l’agglomération, voir de la fusion des communes dans le Grand Troyes reste plus que jamais nécessaire à envisager. Mais c’est là une autre histoire...

Voir en ligne : http://www.auboisementcorrect.com/4...

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