Troyes Écologie
Le site qui vous dit tout sur l’écologie à Troyes et dans l’Aube

Accueil du site > En vrac > Alerter, discuter, proposer > Face à la hausse des prix : remettre l’environnement au coeur des (...)

Face à la hausse des prix : remettre l’environnement au coeur des politiques économiques et sociales.

mercredi 22 août 2007, par Pascal Houplon

- 397 visite(s) - Prévision : 1 visites aujourd'hui

C’est dans la crise écologique qu’il faut chercher les causes de la hausse des prix actuelle. C’est dans l’écologie politique qu’on peut trouver les solutions. Remettre l’environnement au coeur des politiques : c’est bien le seul pari responsable pour faire face à la raréfaction des ressources.

L’approche écologique a comme particularité essentielle de remettre la question environnementale au coeur des champs économiques et sociaux. Avec le productivisme triomphant, on a longtemps déconnecté le progrès et le développement de la protection de l’environnement. Encore aujourd’hui, malgré une prise de conscience plus grande de cette question, les arbitrages et les décisions politiques font peu de cas de l’impact environnemental.

Pourtant, ce qui se passe actuellement sur les marchés mondiaux du pétrole, de l’énergie, des céréales, des produits laitiers..., la poussée inflationniste qui en résulte, la baisse du pouvoir d’achat montrent la nécessité d’une approche globale : Environnement / Economie / Social (c’est le fondement du développement durable).

Pendant la campagne législative, j’avais justement à plusieurs reprises, expliqué que cette question du pouvoir d’achat ne pouvait trouver une réponse complète par le seul biais des revenus. En gros, PS et UMP s’accordaient sur la même logique salariale pour augmenter le pouvoir d’achat. Les uns proposaient le smic à 1500 euros tandis que les autres souhaitaient « travailler plus pour gagner plus ». En dehors des Verts, personne ne s’interrogeait sur les causes de la hausse des prix, ni sur les réponses pour modérer et contrôler cette inflation.

Depuis quelques semaines, le diagnostic écologique se trouve donc confirmé et la conjugaison des crises énergétiques et climatiques fait sentir ses effets

 Acte I : La crise énergétique

D’abord, la hausse de prix de l’énergie (gaz, électricité, essence...) trouve son origine (c’est désormais bien compris par tous) dans l’épuisement des ressource pétrolières : C’est la crise énergétique. Le prix du baril flambe (il a atteint encore son plus haut niveau cet été à 77$). Cette forte augmentation des prix affecte tous les produits. Du légume au stylo en passant par la brosse à dent ou le journal local, le pétrole est partout présent, depuis la production, jusqu’à la consommation. C’est dire notre extrême dépendance à ce combustible de plus en plus rare et de plus en plus convoité.

 Acte II : la crise climatique

Le deuxième facteur inflationniste est lié à la crise climatique. On croyait naïvement ne subir les conséquences du déréglement climatique que d’ici plusieurs dizaines d’années. Il faut visiblement s’attendre à un réveil douloureux. Presque partout dans le monde, les conditions climatiques mauvaises provoquent des récoltes plus faibles qu’escomptées. C’est particulièrement vrai cette année, mais le phénomène tend à se répéter. En France, la récolte de blé tendre est est baisse : "Finalement, la production devrait tourner autour de 32,5 millions de tonnes, soit un recul de 2,5 % par rapport à 2006, qui avait déjà été une mauvaise année", selon Pierre Behal, porte-parole de l’Office national interprofessionnel des grandes cultures (ONIGC). Ce qui est vrai pour le blé tendre l’est également pour l’orge, le colza. En Ukraine, En Australie, dans toute l’Europe... le tableau est identique. Si la production piétinne et même recule, la consommation, la demande en céréale ne cesse d’augmenter. D’abord en raison de la poussée démographique et de l’essor de pays comme la Chine et l’Inde ; mais aussi en raison du développement des agro-carburants (censé apporter une réponse à notre crise pétrolière !) qui reduisent les surfaces destinées à l’alimentation. Sur ce dernier point, on constate les liens étroits et les interactions négatives entre crise énergétique, crise climatique, crise agricole...

 Simple comme le plus vieux principe économique

Le résultat est simple comme le plus vieux principe de l’économie de marché : l’offre et la demande. Baisse de l’offre + hausse de la demande = hausse des prix. Et cette hausse touche en cascade tous les produits alimentaires.

Plus grave : selon le Conseil international des céréales (CIC), la production mondiale de blé (614 millions de tonnes en 2007) est inférieure à la consommation (617 millions de tonnes). Inutile de préciser ce qu’une telle situation peut avoir d’explosive, d’autant plus que ce déséquilibre dure depuis 3 ans ! Pour le moment les stocks mondiaux ont permis d’amortir ce déficit, mais aujourd’hui, s’agissant du blé, l’UE ne dispose plus que de 2,5 mois de consommation (le plus bas niveau depuis 30 ans) Compte tenu des perspectives démographiques et des incertitudes climatiques, on peut donc hélas craindre le pire d’ici quelques années.

 Acte IV : l’épuisement des ressources

Il faut également ajouter depuis plusieurs années la pression sur les matières premières comme le fer, le cuivre ou l’aluminium, l’effondrement des stocks halieutiques et on a là tous les ingrédients d’une crise majeure dans les prochaines années. Une crise d’un nouveau genre qui pose la question des limites de notre planète et de la pression de l’Homme sur les ressources naturelles : une crise écologique.

Le tableau est donc sombre, très sombre... Alors que faire ?

 Acte V : Agir et mettre la protection de l’environnement et des ressources au coeur des politiques

Il y a peu de doute : c’est parce qu’on a oublié que nos ressources naturelles étaient précieuses, c’est parce qu’on a oublié que notre environnement demeurait essentiel au progrès et au dévloppement, c’est parce qu’on négligé l’impact de nos activités et nos pollutions que nous filons aujourd’hui droit vers le mur. Le smic à 1500 euros ou le slogan sarkozystes « travailler plus pour gagner plus » sont évidemment loin d’apporter une réponse suffisante. Il faudra nécessairement réduire fortement nos consommations énergétiques : dans les transports, l’habitat, l’agriculture, le commerce... Il sera également nécessaire de repenser l’agriculture : plus locale, biologique, diversifiée. A l’échelle de notre département, un projet comme celui de l’usine d’agro-carburants de Marnay semble déjà anachronique avant même de sortir de terre. L’autoroute Troyes-Auxerre-Bourges semble elle aussi un non-sens écologique et économique. L’abattage des arbres boulevard Jules Guesde, la construction du parking Libération, les gaspillages d’eau et d’énergie de la ville peuvent être considérés comment des atteintes au progrès et au développement.

Il donc urgence à se tourner vers une politique écologique, basée sur la sobriété énergétique et qui place le respect de l’environnement au coeur des décisions.


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)
  • [Se connecter]