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vendredi 7 décembre 2007, par
- 281 visite(s) - Prévision : 1 visites aujourd'huiOn pouvait s’en douter. Au delà du grand Barnum, des annonces spectaculaires, de l’excellente exercice de communication, la mise en place effective des mesures du Grenelle de l’environnement allait être l’épreuve de vérité. On pouvait craindre que, à l’image de ce que j’ai pu assister à Chalons en Champagne, les lobbys détricotent patiemment l’ouvrage et vident de son contenu le projet élaboré au cours des longs mois de négociations. Les craintes, hélas, se confirment. Et déjà, deux mesures annoncées marquent les deux premiers pas en arrière, les deux premiers renoncements
C’est d’abord le projet de loi sur les OGM qui fait craindre àl’Alliance pour la planète, une légalisation des OGM. Les Amis de la Terre, membres de l’Alliance, craignent : « une trahison pur et simple » de la part du gouvernement et des engagements pris lors du Grenelle. De son côté, le WWF dénonce : « Le flou actuel ne fait que profiter aux semenciers qui mettent tout en œuvre pour pouvoir semer le maïs MON810 en 2008 malgré l’opposition du public et les doutes de plus en plus nombreux sur son innocuité. Leur stratégie est de mettre tout le monde devant le fait accompli, ce qui est totalement intolérable ». A défaut, c’est l’ensemble du processus du Grenelle qui pourrait s’en trouver discréditer.
Le second coup de canif (en attendant le prochain) concerne le bonus-malus (l’éco-pastille) concocté selon le niveau d’émission de CO2 du véhicule. Comme toutes les propositions du Grenelle, l’idée est bonne ; à condition que l’objectif soit clairement défini et qu’on se donne les moyens de l’atteindre. Ici, cette éco-pastille fait pschittt et traduit bien la capacité des lobbys et du gouvernement à vider le Grenelle de sa substance. Voici ce qu’en dit Greenpeace :
« La décision du Grenelle (ndr : paragraphe 1.2.6) portait en effet très explicitement sur la mise en place d’une éco-pastille annuelle. L’annualisation du système bonus/malus était le résultat de réflexions et de négociations approfondies, mettant en avant l’importance d’un signal continu et très incitatif dans le temps, tout au long de la durée du vie du véhicule. Le malus permettait par ailleurs de financer la prime annuelle, ainsi qu’une aide à l’achat de véhicules moins polluants pour les ménages les plus modestes. La remise en cause du caractère annuel va réduire l’impact du bonus-malus de manière significative. Si le système du bonus-malus en reste à la première immatriculation, les associations membres du collège associatif du Grenelle ne sauraient s’en satisfaire. Elles demandent que l’amendement proposé par le gouvernement au parlement respecte intégralement la décision prise par tous les participants au Grenelle et que son caractère annualisé soit réintroduit. »
J’ajoute que lorsqu’on évoque le montant maximum du malus, il fera sourire les potentiels acquéreurs de 4x4. Rendez-vous compte, 2600 euros de malus pour des véhicules dont les tarifs dépassent souvent les 50 000 euros ! Une goutte d’eau et en tout cas rien de suffisant pour véritablement dissuader l’achat de ces grosses cylindrés. On est loin d’envisager les mesures nécessaires pour réduire la pollution automobile : limitation des cylindrés, bridage des moteurs, baisse de la vitesse maximale autorisée sur route et autoroute...
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