
A ma gauche : une multitude d’habitants ; dispersés au quatre coin du département ; tous convaincus de l’impact négatif qu’aurait l’implantation d’une poubelle nucléaire de plus dans notre département. A ma gauche, une bande d’agités, d’excités emmenés depuis plusieurs années maintenant par Michel Guéritte. A ma gauche, on ne roule pas sur l’or. On porte de vieux tee-shirts usés. On traine ses guenilles de villages en villages dans une vieille Twingo bleu. On doit faire des pieds et des mains pour avoir une petite brève dans les canards locaux. On doit se résigner à laisser les responsables de l’ANDRA passer sur la télé locale, envahir les conférences, les débats, les salons sur le développement durable. A ma gauche, on ne peut compter que sur la grande gueule de Michel Guéritte, l’énergie de Laetitia Carougeat, le bouche à oreille, le coup de fil, deux ou trois banderoles réalisées à la hâte et le réseau internet pour diffuser une autre opinion sur cette projet de stockage de déchets nucléaires.
A ma droite : L’ANDRA. Le muscle ferme, le teint hâlé, l’haleine fraîche, une petite barbe de trois jours pour le côté rebelle. L’Andra est sexy. L’Andra sait plaire. L’Andra a la voix chaude et suave qui nous rappelle le soleil. L’Andra me donnerait presque envie de faire l’amour avec un fut de plutonium !! Cerise sur le gâteau (ou tritium dans l’uranium), l’Andra est riche et puissante.
Comment résister à cela ? A coup de millions, l’Andra communique à tout-va. Sur toutes les chaînes, dans les magazines, dans les salons... Ainsi, elle nous colle ses bandeaux publicitaires sur les sites internet Est-Eclair et Libération-Champagne. Pas conne, elle les place judicieusement sur la page consacrée au dossier FA-VL !! Amis journalistes, pour l’objectivité, on a vu mieux...
Actuellement, l’Andra inonde les panneaux publicitaires d’affiches en 4x3 sur les journées portes-ouvertes de Morvilliers consacrées à l’argile. Évidemment, elle privilégie les sites pouvant potentiellement accueillir sa poubelle. Il ne s’agira pas, lors de cette journée du 13 septembre, de façonner quelques petites poteries mais de convaincre le quidam des théories fumeuses d’un enfouissement sans danger.
Et l’Andra, sans rire, veut nous faire croire que le débat qu’elle promettait en 2011 aurait été impartial, qu’elle est de bonne foi, qu’elle est douceur et vertu face aux dangereux anti-nucléaires.
Soyons sérieux. L’Andra dispose de moyens considérables qu’elle utilise dans le seul but de nous faire avaler quelques déchets nucléaires dans la campagne auboise. Pendant 2 ans, en attendant un pseudo débat public, elle nous aurait abreuvé jusqu’à plus soif, de ses arguments sur papier glacé payé par le contribuable. Car l’Andra est un établissement public, financé très largement, directement ou indirectement par des fonds publics. Pendant 2 ans, ces millions auraient servi à étouffer les opposants à la poubelle nucléaire.
Est-ce ainsi qu’on peut concevoir un débat équitable sur les déchets nucléaires ? Certainement pas. L’Andra nous fait pourtant, depuis quelques semaines, de belles leçons moralisatrices sur la manière dont le débat aurait du avoir lieu. Est-il plus digne d’acheter, avec l’argent public, les consciences afin d’enfouir des déchets nucléaires pour des millions d’années ?











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