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L’aspirateur à bagnole

Rejointage des pavés, rafistolage du mobilier urbain, non respect chronique du stationnement, circulation excessive... La place Jean Jaurès incarne tous les errements, les tatonnements coûteux des politiques de requalification urbaine et des transports.

Quelques jours avant le début annoncé des nouveaux travaux, il suffit de se rendre sur cette place pour constater la froideur et l’absence d’humanité de ce lieu. Pierre d’Etrochey et buis le font ressembler à n’importe quel autre de la ville. Evidemment, si l’on se souvient du temps où Claude Gueux y perdait la tête, cette froideur toute morbide trouve une dimension historique !

Je n’irai pas jusqu’à regretter l’ancienne place qui étouffait de ses bagnoles. Mais le potentiel, la chaleur des habitations qui la bordent, méritaient mieux que cette réalisation sans âme.

Une vraie fontaine (plutôt que ces infâmes baignoires noires et rectangulaires), un kiosque à musique à l’ombre des arbres replantés, voilà qui auraient pu donner à cette place un peu de vie et permettre de rompre avec la monotonie de la pierre d’Etrochey.

Au delà de ces aspects esthétiques, les difficultés actuelles sont surtout la preuve des erreurs en matière de politique des transports : Trop de circulation sur un espace que tout pousse à considérer comme piéton ou semi-piéton.

Bien sûr, cette circulation excessive n’est pas le fruit du hasard ou d’un comportement irrationel des automobilistes. Le plan de circulation adopté par la municipalité attire, aspire les bagnoles vers l’intérieur du bouchon.

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Le schéma ci-dessus, montre ainsi que 3 voies majeures convergent vers le carrefour Monnaie, Deschainets, Colonel Driant et Colbert (A). C’est beaucoup plus que ne peut recevoir cette zone. D’autant plus qu’à cette endroit les automobilistes n’ont d’autres choix que de s’engager vers la place de la Bourse (ce qui ne les mènera à rien, sinon à re sortir difficilement du centre) ou quitter le bouchon par la rue du colonel Driant.

Plus bas, deux axes, l’un provenant de la place Jean Jaurès, l’autre de la rue Turenne convergent tous deux vers l’entrée de la rue E.Zola (B). En dépit de toute logique, les automobilistes sont donc aspirés vers une rue piétone et invités, pour s’en échapper, à emprunter les ruelles étroites (15/20, Monnaie...).

On comprend, que nos édiles municpaux ont inventé un efficace entonnoir, un aspirateur à bagnoles dont la vertu et l’intérêt m’échappent encore...

Voir en ligne : Le point de vue d’auboisementcorrect