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L’aube se lève enfin pour l’énergie solaire.

jeudi 15 mai 2008, par Pascal Houplon

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Charbon, pétrole, hydraulique, nucléaire. Et maintenant éolien ou solaire, les énergies renouvelables se développent vitesse grand V. La France, longtemps à la traine, rattrape peu à peu son retard.

Mardi 29 avril la Chambre de l’Agriculture de l’Aube et CER France Aube organisaient une conférence sur l’énergie solaire photovoltaïque. A première vue, dans un département largement nucléarisé, dépourvu d’un ensoleillement conséquent, plutôt réticent aux préoccupations écologiques, cette conférence qui se tenait en pleine journée aurait dû rester confidentielle. C’est tout le contraire. Plus de 500 personnes dans une salle pleine à craquer, des chaises rajoutées à la hâte, des spectateurs assis par terre ou débout pendant près de deux heures : Un vrai succès pour Didier Marteau et les organisateurs de cette journée.

Sur le fond, cette conférence a permis de faire un large tour d’horizon des différents aspects (techniques, réglementaires, fiscaux...) de l’énergie photovoltaïque.

 Coûts, rendements et solutions techniques

Grâce aux progrès et à la diffusion de ces procédés, les coûts de cette source d’énergie ont considérablement diminué : De 25€/Wc en 1980 à 3,5€/Wc aujourd’hui. Ils devrait encore baisser dans les années à venir. Parallèlement, les rendements, longtemps décriés, ont progressé. Ils avoisinent aujourd’hui les 20%. C’est peu, mais suffisant dans les conditions actuelles pour assurer la rentabilité de ces équipements. Techniquement, il existe une grande variété de possibilités pour équiper son ou ses bâtiments : modules amorphes ou polymorphes, vente totale de l’électricité à EDF ou autoconsommation ; installations en toiture, sur toit-terrasse, en bardage, mur-rideau, brise-soleil ; orientations des panneaux... Chacun devrait finalement trouver l’offre photovoltaïque la plus adaptée à son cas.

Avant le montage de l’installation, il est bon de se rappeler de l’existence d’aide à l’investissement. De nombreuses collectivités en proposent. Hélas, une fois encore diront certains, notre département fait figure de mauvais élève dans ce domaine en n’offrant aucune aide. Soulignons, en guise d’exemple, que le Conseil Général de l’Isère, dans le cadre de son agenda21, propose une subvention qui s’élève à la hauteur de 0,5 € / Watt crête (Wc) installé.

Pour ceux qui souhairaient, tout de même, se lancer dans l’aventure, il est bon de connaître quelques ratios :

Encombrement entre 50 et 115Wc/m² (selon le type de modules choisis)
Investissement entre 5,5€ et 8€/Wc (selon qu’il s’agisse d’un système simple ou intégré à la toiture)
Productivité 950 kWh/kWc.an

 Les conditions tarifaires

Depuis quelques années, une installation raccordée au réseau permet de bénéficier de conditions de rachat alléchantes. Les conditions tarifaires s’inscrivent dans un contrat d’une durée de 20 ans et sont fixés à 0,32€HT/kWh mais peuvent atteindre 0,67€HT/kWh pour le cas de modules intégrés. Pendant la durée du contrat ces prix n’évolueront qu’au rythme de l’inflation.

 Le marché français très en retard

Même si les conditions sont très attractives, le marché français est encore très en deçà de ses voisins européens :

Pays Puissance PV installée fin 2006 (Mwc)
Allemagne 3063,0
Espagne 118,1
Italie 57,9
Pays Bas 51,2
France 32,7
Autriche 29

Voilà qui donne la mesure des marges de progression gigantesques de cette énergie dans notre pays.

 Une rentabilité à 7 ou 8 ans pour les particuliers

Il a enfin été question des aspects juridiques et fiscaux. Pour les particuliers, l’intégration au bâti, comme on l’a vu plus haut, permet une majoration du tarif de rachat d’EDF. Mais au delà de cet aspect, le particulier pourra bénéficier d’une TVA à 5,5% pour une installation inférieur à 30m² et d’un crédit d’impôt fixé à 50% des équipements.

Grâce à ces conditions, une installation de 25m² sera rentabilisé au bout de 7 à 8 ans seulement.

Pour un professionnel, les choses sont évidemment plus complexes et la rentabilité de l’installation varie très fortement selon la structure de l’activité professionnelle (entre 4 et 17 ans !)

Quoiqu’il en soit, la hausse des tarifs de l’énergie, indexée sur le pétrole, rendra immanquablement encore plus attractives les énergies renouvelables en générale et le solaire en particulier.

P.-S.

Wc : Watt crête = unité mesurant la puissance maximum développée par la centrale photovoltaïque

1 Message

  • Rentabilité énergétique à Troyes Le 21 juin 2008 à 00:22 , par Thomas

    Si l’on se base sur les valeurs de Paris, proches de celles de Troyes, on constate qu’il faut 2,9 années de production électrique pour compenser l’énergie utilisée pour produire les panneaux solaires, les installer et, à la fin de leur vie, les démonter et les recycler (temps de retour en énergie).

    Lire : Rentabilité du solaire photovoltaïque

    Le facteur de gain est de 9,4 entre l’énergie produite et celle consommée.

    Ces valeurs sont pour une installation en toiture. Elles sont plus faible en façade.

    Répondre à ce message


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