Accueil du site > Politique > L’effet pervers du Pacte écologique
jeudi 8 mars 2007, par | article consulté 271 fois
Le Pacte Ecologique de Hulot a permis, pendant quelques semaines, de mettre l’écologie au coeur du débat politique. Jamais, on avait autant parlé des questions environnementales, d’une nécessaire remise en cause de notre modèle de développement. Le souffle du Pacte retombé, la candidature de Hulot retirée, l’écologie politique peine (et c’est un euphémisme) à retrouver sa place.
Pas la peine d’épiloguer sur les 1 à 2% de Dominique Voynet dans les sondages. Ils sont inquiétants. Et les causes de ce score sont complexes. Au sein de cette complexité, les effets du Pacte Ecologique comptent certainement.
On pouvait espérer que le retrait de Hulot, en ouvrant la brèche de l’écologie dans le débat, profiterait à la candidate des Verts. Il n’en a rien été et ce retrait n’a généré aucune intention de vote supplementaire. Pourquoi ? Sans doute parce que le Pacte Ecologique, signé par tous les candidats (hors extrêmes), a en quelque sorte donné à chacun la permission de ne plus parler des nécessaires changements qu’il convient d’envisager. Pour dire les choses autrement, le Pacte Ecologique a permis de faire l’économie du vote Ecolo en expliquant que l’écologie était désormais admise par tous. Cette idée, cette mauvaise idée, devrais-je dire, a été illustrée lors de l’émission de TF1 "J’ai une question à vous poser" consacrée à François Bayro. L’un des français, interviewer d’un soir, a débuté en expliquant :"Maintenant que l’écologie fait consensus chez les politiques..." et il posa une question sur un tout autre sujet ! C’est à mon avis, un parfait résumé de la situation de l’écologie politique depuis la signature du Pacte et le retrait de Hulot. Plus besoin d’écologie puisque tous le monde en fait !!! Donc, plus besoin des Verts.
Ce sentiment exprimé de plus en plus largement rejoint la perception qu’ont bon nombre de français de l’écologie et des Verts et ce reproche récurrent :"L’écologie devrait être l’affaire de tous, pas d’un parti". En quelque sorte, Hulot a validé cette idée. Comme toutes les idées simples, celle-ci est aussi couramment admise qu’elle est réductrice. Que les questions environnementales (car c’est de cela qu’il s’agit) puissent être défendues par tous les partis, c’est une évidence. Tout comme, le progrès social n’est pas l’apanage du Parti Socialiste ou du PCF et est aujourd’hui une préoccupation de toutes les forces politiques (Gauche, Centre et Droite). Pour autant, remet-on en cause l’existence du PS parce que tous les partis traitent de la question sociale ? Cela ne viendrait évidemment à l’esprit de personne ! Car le PS et la gauche font, de la question sociale, l’élement central de leurs politiques. Il en est de même pour l’écologique. Les Verts, c’est là toute la singularité de l’écologie politique, font de la question environnementale, l’élement structurant de leur pensée politique. Et pour cause : le progrès humain, le développement de nos sociétés sont intimement liés à la préservation de notre environnement naturel.
Autrement dit, ce n’est pas parce que, dans son programme, on défend l’environnement, qu’on peut être qualifié d’écologiste. De même que la défense du progrès social par Sarkozy ne fait pas de lui un socialiste. Pour preuve, une fois le pacte signé, les principaux candidats ont immédiatement ressortis leurs vieilles recettes : relance de la croissance, développement des infrastructres routières... à des années lumières des engagements pris devant Nicolas Hulot !
D’ailleurs, ce dernier commence, lucidement à s’inquiéter de l’impact réel de son pacte et se demande si les candidats ont bien compris le sens de la charte qu’ils ont signé.