
Au delà de ces mal-façons, deux associations (Racines et APF) ont récemment souligné le problème de ces pavés pour les déplacements en vélo ou en fauteuil roulant. Pas la peine d’une longue explication. Ceux qui utilisent régulièrement la petite-reine savent à quel point certaines rues de Troyes sont un quasi chemin de croix ! Ne vous étonnez pas de voir, rue Zola par exemple, de plus en plus de vélos sur les trottoirs. Le catastrophique état des pavés interdit, même au plus courageux, de rester trop longtemps sur la chaussée.
Il n’y a pourtant pas de fatalité. Certains secteurs pavés de longue date posent moins de problème. La rue Brunneval, le Quartier Vauluisant offrent par exemple un confort acceptable. La rue urbain IV, la place du Marché au Pain, plus récemment requalifiées ont utilisé des techniques plus satisfaisantes encore pour le confort de nos popotins. Et si le nouveau pavage, au bas de la place Jean Jaurès, est esthétiquement un désastre, le confort pour les cyclistes est lui bien réel !
Vélos et fauteuils sont la 5e roue du carrosse
Tout cela pour dire que les pavés ne sont pas nécessairement l’ennemi des cyclistes, à condition que les responsables anticipent et prennent en compte les besoins des cyclistes et des PMR [1] dans les aménagements. C’est là que le bas blesse.
Malgré l’engagement de la municipalité dans l’Agenda21, les déplacements doux restent encore et toujours la 5e roue du carrosse de notre ville. J’en veux pour preuve le récent aménagement de la rue de la Monnaie. La technique du pavage utilisé devrait nous épargner les problèmes rencontrés rue Zola ou rue de la Cité. Elle n’est ici pas en cause. Mais à cet endroit du Centre-Ville, on aurait pu espérer un aménagement en plateau, à l’image de ce qui a été réalisé rue Urbain IV.
Ce type d’aménagement, pas plus coûteux que le maintien de trottoirs sur-élevés, permet en effet aux cyclistes de rejoindre en toute sécurité le trottoir lorsque les automobilistes se font trop pressens ou aux personnes en fauteuil de traverser la rue sans difficulté. Au lieu de cela, on a choisi ici de maintenir des trottoirs qui compliqueront inutilement les déplacements et la coexistence de chacun.
Une solution : la bande-confort
Et ailleurs ? Faut-il refaire une nouvelle fois l’ensemble des pavés ? Faut-il, rue de la République, abandonner l’idée des pavés ? Pas forcément. Il est par exemple parfaitement possible, si on en a la volonté, d’aménager des « bandes conforts » sur les rues les plus détériorés. Il s’agit, sur un petit mètre de large, d’aménager une bande en asphalte pour permettre aux cyclistes de rouler plus confortablement tout en suggérant aux automobilistes la présence de vélos nombreux dans la zone.
A plus longue échéance, il est possible d’installer des bandes conforts plus esthétiques, en utilisant des pavés différents et adaptés pour le confort des vélos, ou, mieux encore, de recourir à des procédés innovants comme celui nommé ECOstone permettant d’obtenir des chaussées particulièrement confortables. Évidemment, la mise en place de telles solutions suppose d’anticiper les besoins et d’intégrer en amont de chaque projet la spécificité des déplacements à vélo ou en fauteuil roulant.






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