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L’ombre de Véolia se cache-t-elle derrière Yves Rehn ?

lundi 25 octobre 2010, par Pascal Houplon | article consulté 120 fois

La présence de pesticides dans l’eau potable a provoqué une belle polémique du côté de La Chapelle et sur auboisementcorrect. Mais après le coup politique d’Yves Rehn, Véolia pourrait tirer les marrons du feu et profiter de l’émoi suscité par le pharmacien de droite.

L’ancien maire de la Chapelle en révélant des taux d’Atrazine élevé dans l’eau du robinet a manifestement réussi un joli coup qui a agacé, énervé et fait réagir un bon nombre de chapelains. A ce propos, beaucoup on considéré que mon article faisait la part trop belle à Yves Rehn. Cela m’a valu une bonne volée de bois vert d’amis politiques qui, a tort (mais sans doute n’ai-je pas été suffisamment clair dans mon texte), on lu cet article comme le panégyrique de l’ancien maire.

L’eau du robinet dans l’Aube ne ressemble pas à de la Volvic !

Fallait-il alors dire que le pharmacien chapelain avait exagéré le danger ? Fallait-il dénoncer ses calculs politiciens ou son instrumentalisation des peurs ? Ce n’était pas mon objet, ni ma volonté. Certes, Yves Rehn n’a fait que révéler un secret de polichinelle. Pas besoin d’être pharmacien, ou membre de l’UMP pour deviner que compte tenu de l’agriculture intensive que nous pratiquons ici, la présence de quelques saloperies dans l’eau est probable sinon certaine. Nitrates ici, pesticides ailleurs, l’eau du robinet dans l’Aube ne ressemble pas à de la Volvic, et tout le monde le sait !

Mais encore une fois, cet article n’avait pas vocation à décrypter les intentions malignes de l’ancien premier magistrat. Il s’agissait de rebondir sur le simple constat fait par Yves Rehn. Et quitte à encore agacer mes amis de la gauche et des écologistes, sur le fond, uniquement sur le fond, l’ancien maire n’a fait qu’affirmer une vérité que tous les écolos partagent : Il y a trop de pesticides dans l’eau potable. Il est d’ailleurs facile d’imaginer que si les rôles avaient été inversés, si la gauche et les écolo avaient été dans l’opposition, ils auraient eux aussi dénoncé ces chiffres qui tangentent depuis des années avec les limites autorisées (à la Chapelle, mais aussi à Sainte-Savine et dans plusieurs autres communes du département). D’autant plus que les écologistes savent que, même si les seuils d’alertes ne sont pas dépassés, l’accumulation des faibles doses peut à long terme poser des problèmes sanitaires réels. C’est en tout cas ce que dénonce le professeur Belpomme.

La vieille rengaine du « c’est la faute à... » ne réglera rien

La polémique suscitée par Yves Rehn, les intention réelles ou supposées de notre pharmacien ne doivent, en tout les cas, pas nous faire oublier le fond du sujet. Et sur ce fond, il ne s’agit pas de se renvoyer la patate chaude vers son prédécesseur... La vieille rengaine du « c’est la faute à... » ne réglera rien. Il s’agit au contraire de s’interroger sur ce qu’on peut faire pour améliorer la qualité de l’eau à la Chapelle, à Sainte-Savine ou ailleurs.

Le bout du nez de Véolia

Et c’est là qu’une multinationale pourrait pointer opportunément le bout de son nez. Véolia, fortement implantée dans notre département (Collecte et traitement des déchets, approvisionnement et distribution de l’eau...) détient les savoirs-faire techniques dans le traitement des eaux pollués. Et l’entreprise, toujours à la quête de nouveaux marchés, pourrait avantageusement proposer ses services en profitant ainsi de la polémique lancée par Yves Rehn. Un tel scénario ne serait d’ailleurs pas inédit. Il y a quelques années, en 2006, les habitants de Mantes ont été confrontés à un problème semblable lié à la présence de la déséthylatrazine dans l’eau potable. Il n’a alors fallu que quelques mois pour que Véolia sonne à la porte des élus avec les oripeaux du sauveur et obtienne, en des temps records, le permis de construire nécessaire à la construction d’une usine de traitement des pesticides.

Allons-nous assister au même scénario ? Yves Rehn a-t-il déroulé le tapi rouge à Véolia ? Personne ne peut encore le dire. En tout cas, une petite phrase d’Yves Rehn fait naître quelques interrogations. Dans sa lettre ouverte, l’ancien maire écrivait ceci : « Il est urgent que vous preniez des initiatives conduisant notamment à la mise en œuvre d’un traitement spécifique d’élimination des pesticides avant distribution...  ». Bingo ! Le traitement spécifique d’élimination des pesticides, c’est justement la spécialité de nos amis de Véolia ! C’est d’ailleurs ce que ces derniers ont proposé à l’agglomération de Mantes (voir au dessus). Yves Rehn, en quelques mots, ouvre donc la porte à Véolia et a un marché de plusieurs millions.

Et si le Grand Troyes offrait à tous, une eau d’une même qualité ?

Or, avant de se jeter dans les bras de la multinationale, on peut envisager d’autres pistes, moins coûteuses, pour améliorer significativement et durablement la qualité de l’eau. A l’heure où l’on s’interroge sur le Grand Troyes et son périmètre de compétences, il semblerait intelligent de donner à notre agglomération plus pouvoir en matière de gestion de l’eau. Plusieurs réseaux coexistent actuellement au sein de la CAT sans être reliés. Et grosso-modo, chaque commune gère individuellement son propre réseau au point que la situation de l’eau ressemble à un vrai casse-tête inaccessible au commun des mortels. Peut-on comprendre qu’une agglomération, qui recherche la cohérence et la solidarité entre ses communes, accepte des eaux potables de qualités inégales ?

Ne serait-il pas alors opportun d’envisager l’interconnexion de ces réseaux ? On règlerait ainsi très vite, et à moindre coût la question des pesticides dans certaines communes. Une gestion à l’échelle de l’agglomération nous donnerait également la mass-critique nécessaire pour protéger les différents périmètres de captage (grâce notamment au soutien à l’agriculture bio). Il y a là un vrai enjeu sanitaire, mais aussi économique et environnemental. Il y a aussi pour Yves Rehn et ses amis une vraie opportunité de faire taire les critiques, les suspicions sur ses intentions et de montrer la sincérité de sa soudaine conversion à l’écologie. La balle est dans son camp. Et compte tenu de sa proximité avec François Baroin, compte tenu de ses anciennes fonctions au sein de la CAT, l’ancien maire de La Chapelle possède toutes les cartes nécessaire pour peser, aider sa commune et proposer une solution véritablement durable à l’échelle de l’agglomération.

Voir en ligne : http://www.auboisementcorrect.com/5...

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