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Accueil du site > Europe et Monde > La France doit-elle quitter la Côte-d’Ivoire ?
lundi 22 novembre 2004, par
- 469 visite(s) - Prévision : 1 visites aujourd'huiSoutenue par les rebelles du Nord d’un côté et villipendée par les partisans de Laurent Gabgo de l’autre, La France est, en Côte d’Ivoire dans une situation de plus en plus intenable.
A la lumière d’une situation qui s’aggrave de jour en jour, la question mérite d’être posée : La France doit-elle quitter la Côte d’Ivoire ?
On m’objectera que le départ de la France serait reconnaître la victoire des "patriotes" et des hommes du président ivoirien qui ont procédé au bombardement de Bouaké et veulent relancer le conflit.
On m’objectera que la France dispose d’un mandat de l’ONU pour le maintien de la paix et à toute légitimité à faire appliquer ce mandat.
On m’objectera que la France doit assumer son rang et sa mission de protection de ses ressortissants et des ressortissants étrangers encore présents.
On m’objectera que la France a reçu le soutien des nombreux pays africains et même des Etats-Unis.
Oui mais...
Sur le terrain, la France n’est plus reconnu, à tort ou à raison, comme une puissance neutre dans le conflit qui oppose le nord et le sud du pays.
Elle n’a plus la légitimité, sur le terrain, pour assurer la paix.
D’une part, parce qu’elle est accusée par les loyalistes de soutenir les rebelles.
D’autre part, parce qu’elle incarne encore la puissance coloniale soucieuse uniquement de défendre ses propres intérêts.
Elle est donc devenu un instrument entre rebelles et loyalistes pour reprendre la conflit. La présence de la France, au lieu de maintenir la paix est en train de préparer le terrain de toutes les haines.
La Côte d’Ivoire sombre dans la guerre civile avec la présence française comme point de cristalisation.
Partir ? Abondonner ce pays à la guerre ? Oui et non. Si l’on veut donner une chance à la paix, il faut ôter les prétextes de la guerre. Si la France en est un, elle doit donc se retirer, mais son retrait militaire devrait se faire avec, en contrepartie, la venue immédiate d’une force d’interposition internationale plus importante encore (pourquoi pas une force européenne, sans français ?)