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La centrale de Nogent a-t-elle un avenir ?

Face à la crise écologique qui s’annonce, il y a fort à parier que le nucléaire vit ses dernières années. Le salut devra venir d’un changement radical de nos comportements.

Un nouvel incident en Suède démontre, une fois de plus la dangerosité de l’énergie nucléaire. En France, la canicule permet de contourner la loi. Le gouvernement a ainsi accordé à EDF le rejet d’eau chaude dans les rivières au-delà des limites légales. Autrement dit, au moment même où la loi avait vocation à s’appliquer, on s’est autorisé à la transgresser (ce qui d’ailleurs avait déjà été fait en 2003). C’est un peu comme si, toute proportion gardée, ivre mort dans votre auto, la maréchaussée dans sa bienveillance, vous conseillait de rentrer chez vous le plus vite possible.

Bref, s’il était encore besoin de le démontrer, l’énergie nucléaire n’est pas une énergie d’avenir. Face au réchauffement climatique, inéluctable, les centrales connaîtront sans doute davantage de problèmes. Car celles-ci, pour fonctionner et assurer leur refroidissement, ont besoin de très grandes quantités d’eau. Or, les sécheresses comme les canicules risquent d’être de plus en plus fréquentes.

La production d’électricité française est donc fragile car dépendante à 80% du nucléaire. Aucun autre pays, à l’exception de la Lituanie, n’atteint ce niveau de dépendance. L’urgence, face au réchauffement climatique est bien de diversifier nos sources énergétiques (en développant les renouvelables) et surtout, préalable indispensable, de réduire cette consommation énergétique. La course folle, dans laquelle l’humanité est engagée, est fort bien illustrée par les comportements de chacun : La canicule entraîne l’achat de climatisation (chez vous ou en voiture) qui entraîne l’augmentation de notre consommation énergétique donc de nos émissions de gaz à effet de serre ; ce qui accroît le réchauffement climatique et donc la canicule, etc, etc.

Evidemment, j’entends déjà dire que le nucléaire ne participe pas au réchauffement climatique. Mais cette question du réchauffement, il ne fait pas l’oublier, est globale. Si en France 80% de l’électricité est d’origine nucléaire, dans le monde, le nucléaire ne fournit que 16% de l’électricité et 6% de la consommation énergétique totale (le transport, le chauffage utilisent très largement les énergies fossiles). Il faudrait construire des milliers de centrales à travers le monde (actuellement on en compte un peu plus de 400) pour réduire de manière significative l’utilisation des énergies fossiles. Bien évidemment, les ressources d’uranium n’y suffiraient pas.

Bref, la question du réchauffement climatique est directement liée à celle de notre consommation énergétique. Le nucléaire (à peine 6% de la consommation énergétique mondiale) ne peut être une réponse à cette grave crise qui nous menace. La solution passe par des choix complexes qui mêleront : sobriété, efficacité, développement des renouvelables.

Voir en ligne : Campagne d’affiche internationale « La vérité sur le nucléaire »