
Pour dire les choses autrement, Phillippe Beury proposait simplement de réfléchir au remplacement de certains logiciels (Microsoft Office, Internet Explorer, Outlook), par des alternatives libres, peu ou pas coûteuses.
Mais Michel Rudent, délégué aux nouvelles technologies, a dit Niet. Niet aux logiciels libres ; Niet à l’idée même de réfléchir à la question. Voilà qui en dit long sur l’esprit d’ouverture qui anime la majorité face à une proposition largement acceptable tant elle était modérée. Manifestement à Troyes, l’idée même de réfléchir semble terrifier la majorité, habituée à marcher comme de bons soldats...
Cette proposition laissait pourtant le champ libre à toutes les possibilités. La ville aurait pu d’abord basculer simplement quelques postes informatiques, ciblés, ne faisant qu’une utilisation basique de la bureautique, vers OpenOffice. Cela aurait permis d’ouvrir la porte du changement, de réaliser quelques économies et de permettre de s’émanciper du monopole de Microsoft. Chemin faisant, les craintes légitimes désamorcées, d’autres services auraient pu migrer à leur tour. Tout cela pouvait se faire de manière presque indolore, sans nuire au fonctionnement de l’appareil administratif municipal. Une telle proposition n’avait rien d’extraordinaire. Dans d’autres administrations (Gendarmerie, direction Générale des Impôts...) dans certains ministères, dans des villes comme Marseille, dans des entreprises, le mouvement est déjà enclenché, depuis parfois longtemps. Alors pourquoi pas à Troyes ?
Pourquoi ce qui est possible ailleurs, devient irréalisable ici ? Est-ce là encore, la conséquence de l’exception troyenne, celle qui rend toute chose impossible ?
Plus globalement, on peut tirer une inquiétante leçon de ce moment. Le refus total et catégorique de la majorité face à une proposition très modérée et largement argumenté montre à quel point l’hégémonie politique de la droite empêche toute réflexion positive au sein du conseil municipal. La toute-puissance de l’UMP locale la rend incapable d’écouter et d’accepter des propositions ouvertes et modernes.









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