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Accueil du site > Politique > Le Baron a encore frappé...
mercredi 4 août 2004, par
- 444 visite(s) - Prévision : 1 visites aujourd'huiNotre aimable et cultivé Baron Ernest-Antoine Seillière a de nouveau mis mes nerfs à rude épreuve.
Le 3 août 2004, il a déclaré sur RTL que le smic était trop élevé en France "non pas en termes sociaux mais en termes économiques"...
Savoureux, n’est-ce pas ?
On voit cependant bien où le représentant "des forces vives" (les autres représenteraient les "forces mortes") veut nous emmener.
D’une part, il admet la nécessité d’un revenu minimum pour tous, dont le montant peut correspondre au Smic actuel.
C’est bien Antoine. Un peu gauchiste comme position pour tes camarades, mais enfin...
D’autre part, il défend l’idée (pas très nouvelle) que le niveau du Smic, payé par les entreprises, ne leur permet pas de créer des emplois.
Te revoila à Droite, Antoine, ouf...
Alors kékon fait, m’ssieur ? Faut baisser le Smic ou pas ?
Oui, jeune naïf, mais ce que payent les entreprises, pas ce que touchent les salariés. Nuance !!
Drappé de cette concession sociale, qui ne lui coûte pas un rond, sa majesté réclame, une fois de plus, la réduction des charges sur les bas salaires qui (pour reprendre la réthorique médéfienne) pèsent sur les entreprises.
Vous me dites, qui va compenser le manque à gagner pour l’Etat ?
Deux solutions :
Réduction des dépenses (moins de policiers, de juges, d’enseignants, moins d’aides sociales...)
Augmentation des impôts et des taxes (mais pas sur les entreprises, les pauvres, elles sont tellement taxées...)
Les revenus les plus modestes qui à la fois bénéficient des dépenses de l’Etat (Ecole gratuite, Aides Sociales...) et sont les plus touchés par les hausses des taxes.
Les entreprises, évidemment. Que les entreprises fassent des profits, très bien, c’est même leur raison d’être ; mais comment garantir que ces profits servent à la création d’emplois ? Impossible.
Ces profits supplémentaires peuvent très bien être réinvestis dans des gains de productivité (robotisation) eux-même destructeurs d’emplois et générateurs de profits. C’est la logique même du capitalisme.
Pour conclure, on peut dire que malgré les apparences, notre baron défend avec talent les intérêts des chefs d’entreprises mais certainement pas l’intérêt général.