Comme dirait l’autre, j’ai le coeur à gauche. Et je crois l’écologie, dans la mesure où celle-ci considère la « finitude » de nos ressources naturelles, nécessairement liée à une redistribution plus juste, plus équitable de nos richesses. J’ai cependant, de temps à autres, de grosses difficultés à considérer le parti socialiste comme une force écolo-compatible, une force avec laquelle les écologistes et particulièrement les Verts pourraient faire alliance.
Dernier élément en date : les mesures annoncées par le parti socialiste contre la baisse du pouvoir d’achat. Pour un écologiste, la plupart de ces annonces sont totalement incompatibles avec les enjeux environnementaux (en cause dans la hausse des prix actuelle et à venir) :
- majoration de 50 % de la prime pour l’emploi ;
Une mesure acceptable (sans doute nécessaire à court terme) pour répondre à l’urgence sociale pour les plus bas revenus.
- généralisation du chèque-transport pour tous les salariés, financée par une contribution exceptionnelle sur les "sur-profits" des compagnies pétrolières ;
Mesure insuffisante si elle n’est pas assortie d’une éco-conditionnalité. La mise en place de ce chèque transport doit d’abord être versé à ceux qui s’engagent à utiliser des transports propres.
- réintroduction de la "TIPP flottante" (taxe intérieure sur les produits pétroliers), un mécanisme visant à amortir les hausses brutales du prix des carburants instauré en 2001 par la gauche et supprimée l’année suivante par la droite ;
La TIPP flottante est une vraie bêtise contre laquelle les Verts s’étaient battues. Elle ne permettrait que de remettre à plus tard la nécessité de changer nos modes de transport. Au contraire, il faut utiliser les ressources de cette TIPP pour financer des modes de déplacement écologiques.
- exonération de la TIPP sur le carburant des avions ;
Une énormité, un contre-sens écologique. Il faut au contraire, davantage taxer le transport aérien. Une absurdité sociale. Le transport aérien reste encore un luxe, hors de porté des catégories les plus modestes. Il faut, au contraire, favoriser le transport ferroviaire.
- augmentation de la taxe sur les cartes grises des voitures de grosse cylindrée et polluantes ;
Enfin une bonne idée. Dommage que ce même PS ait lui-même supprimer la vignette (dont le montant était lié à la puissance du véhicule). Dommage que le Grenelle de l’environnement ait déjà proposé cette mesure...
- suppression de la "marge arrière" des grandes surfaces de vente ;
Anecdotique, insuffisant pour répondre aux causes environnementales de la hausse des prix.
- instauration d’un malus sur les entreprises abusant du travail à temps partiel et des emplois précaires ;
Intéressant. Mais encore bien insuffisant pour répondre au vrai problème.
- tenue d’un "Grenelle du pouvoir d’achat" ;
Le truc à la mode lorsqu’on manque d’idée... affligeant pour un parti de gouvernement...
- encadrement des loyers "au niveau du coût de la vie" ;
Ridicule retour à des mesures autoritaires. Réduire les loyers suppose de ré-équilibrer l’offre et la demande en matière d’immobilier. C’est à dire, construire davantage et densifier le tissu urbain.
En matière de logement, le gros morceau, c’est la hausse des charges (électricité, chauffage...). Face à cela, une politique de rénovation urbaine, de réductions des consommations énergétiques est indispensable. On en est loin... même au PS.
- baisse de la TVA de 5,5 % à 5 % sur les produits de première nécessité.
Mesure à court terme. Toujours pas de réponse sur le long terme. Comment endiguer la hausse des prix ? Comment faire face à l’inflation pétrolière qui se répercutera sur l’ensemble des prix ? Pas de réponse au PS. La ligne est-elle en dérangement ?
Le PS est-il écolo-compatible ? Manifestement, non. Les Verts sont-ils socialo-compatibles ? C’est une autre question...









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