
Depuis des années, les écolos tirent ainsi la sonnette d’alarme sur la raréfaction des ressources naturelles et particulièrement pétrolières. Le constat peut aujourd’hui paraître entendu : le pétrole est en voie d’épuisement. Et les propos de Michel Soufflet en 2005 :« ...nous sommes en pleine psychose sur la diminution du stock de pétrole : on en parlait déjà il y 15 ou 20 ans », paraissent aujourd’hui bien ridicules. A vrai dire, le groupe Soufflet a vite compris les enjeux énergétiques lorsqu’il a perçu les potientialités financières des agro-carburants. Comme quoi l’appât du gain permet parfois de rendre la vue à quelques aveugles...
Cependant, rare sont ceux qui mesure l’urgence dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Le pétrole a atteint les 90$. Il devrait, peut-être avant la fin de l’année franchir la barre symbolique des 100$. Et alors ? Nous sommes myopes lorsqu’il s’agit d’appréhender des phénomènes de cette nature. Et pourtant, en prenant un peu de recul, en observant l’évolution des prix depuis 10 ans, on prend conscience du mur vers lequel nous nous dirigeons. Ce mur, c’est le Pic de Hubbert.
En 10 ans, le prix du baril est passé de moins de 20$ à 90$ ! Une hausse de 350% !! Mais surtout, une hausse régulière, quasi continue.
En 2004, les premiers articles de ce blog faisaient état dupétrole à 43$. Je m’interrogeai quelques semaines plus tard, sur la fin possible de l’ère pétrolière. - En 2005, il me semblait raisonnable de se préparer à un baril à 100$.
En 2006, je prédisai unbaril à 100$ d’ici 1 ou 2 ans. Nous y serons. Cela ne fait plus de doute. Mais que de temps déjà perdu ! Que de temps perdu pour préparer la nouvelle ère qui s’ouvre.
Car, faut-il le rappeler, nos sociétés industrielles reposent sur des énergies fossiles bon marché. Ce temps est désormais révolu. A 100$, le pétrole aura retrouvé son niveau (à dollars constant) du 2e choc pétrolier. Et alors ? nous avons résisté à ce choc. Oui, mais les prix étaient aussi vite redescendus qu’ils étaient montés. Cette fois-ci, l’augmentation struturelle devrait se poursuivre et sans doute s’amplifier. Nous ne faisons pourtant toujours rien (ou pas grand chose). Pourtant, chaque année, la facture énergétique s’alourdit avec la hausse du baril. 50 milliards d’euro ont ainsi été dépensé en 2006 pour importer gaz et pétrole !!! Combien l’année prochaine ? Combien dans deux ou cinq ans ? Ce sont ainsi des milliards dépensés presque en pure perte et qui surtout pourraient être économisés si ont prenait les mesures nécessaires !
Je n’ai hélas pas les chiffres à l’échelle de notre ville de Troyes. Sans doute des dizaines de milliers d’euros sont dépensés dans la facture énergétique parce que notre ville n’a pas, elle non plus, conscience de la crise énergétique actuelle. Il y a là une marge d’action considérable pour à la fois dégager de nouvelle possibilités financières mais aussir réduire à long terme l’empreinte écologique de notre ville.
A l’échelle des ménages, la facture s’alourdit et grève lourdement le pouvoir d’achat. Chauffage, essence et même électricité (car même nucléaire, son prix épouse les courbes mondiales de l’énergie et du pétrole), les charges des ménages augmentent et augmenteront encore si nous laissons faire.
Oui mais que faire ?
A l’échelle de notre ville, l’urgence est de mieux isoler les bâtiments (neufs et surtout anciens), de proposer des alternatives crédibles et efficaces pour ceux qui veulent se déplacer autrement qu’en voiture. Ces deux axes (transports propres et bâtiments) devront, si on veut tenir un discours responsable, écologique et social, les éléments majeurs d’un programme municipal.










Commentaires
Répondre à cet article