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samedi 6 septembre 2008, par
- 198 visite(s) - Prévision : 1 visites aujourd'huiProjet autoroutier, bouclement de la rocade Sud-Est, doublement de la rocade nord, parking Cathédrale... notre département et notre agglomération poursuivent avec obstination leurs investissements au profit de l’automobile en dépit des évolutions attendues du trafic routier.
Ces investissements sont lourds. Des dizaines de millions d’euros ont ainsi été dépensés inconsidérément. 20 millions dans le parking cathédrale, 50 millions dans le bouclage de la rocade, quelques millions encore demain dans d’autres projets. De telles dépenses doivent évidemment s’envisager dans le long terme. Une rocade, un parking sont ainsi construits pour plusieurs dizaine d’années. Il s’agit donc de projets qui théoriquement s’appuient sur des études poussées de l’évolution du trafic routier. C’est là tout le problème.
Car quand on prend connaissance des études réalisées, les perspectives ne justifient aucunement les investissements des collectivités locales. Très récemment, en juin 2008, au plus fort de la hausse du pétrole, les spécialiste ont relevé une baisse de la vente des carburants en France. Épiphénomène ? Pas si sur. Le BIPE (société d’études économiques et de conseil en stratégie) a publié, en juin 2007 une étude fort intéressante. Celle-ci confirme le renversement de tendance en matière de transport. Elle montre, chiffres à l’appui la stagnation du trafic automobile et le début de décroissance. Alors que le nombre de kilomètres parcourus chaque année par l’ensemble de la population avait augmenté de 15 % entre 1995 et 2003, il a diminué depuis de 2 % en trois ans. C’est surtout, nous dit cette étude, l’utilisation de la voiture en ville qui aurait été réduite, au profit d’autres modes. Plus précisément, le kilométrage annuel moyen des voitures particulières a diminué de presque 8% entre 2001 et 2006. Autrement dit, depuis 2001, on roule de moins en moins !
Ces chiffres paraissent tout à fait fiable. D’abord parce qu’ils proviennent d’une société réputée, peu suspecte de complaisance avec les milieux écologistes, ensuite parce qu’ils s’appuient sur les données du ministères des transports. Notons que c’est d’ailleurs cette stagnation du trafic au débuts de ce 21e siècle qui en vérité aura eu la peau du projet autoroutier Troyes-Auxerre-Bourges.
Mais le BIPE va plus loin en traçant des perspectives à moyen terme. Il prévoit ainsi une baisse de 2%/an du trafic jusqu’en 2015. Ces données concernent toute la France. Il est alors facile de comprendre, dans un département aussi peu dynamique que le nôtre, que la baisse pourrait être encore plus forte. Et 2015, c’est demain matin, 7 petites années après l’ouverture de la rocade Sud-Est, 4 ans seulement après la fin du doublement de la rocade nord. Cela signifie que ces réalisations, officiellement justifiées par l’augmentation du trafic, vont en réalité s’inscrire dans une baisse de plus en plus forte de la circulation automobile. Autrement dit, elles ne serviront à rien, ou à pas grand chose.