
Les présidentielles et l’écologie ressemblent de plus en plus à une tragi-comédie, avec par ordre d’apparition à l’écran : France Gamerre pour Génération Ecologie, Corinne Lepage pour Cap21, Stéphane Pocrain pour lui même, José Bové pour..., Dominique Voynet pour les Verts et peut-être, depuis dimanche 30 juillet, Nicolas Hulot.
Cette candidature a de quoi surprendre. On croyait N. Hulot vacciné contre toute tentation politique. En tout cas, c’est ce qui apparaît à la lecture de ses livres. Et pourtant, il s’apprêterait à franchir le pas. A l’origine de ce revirement il y a bien sur l’urgence du réchauffement climatique. Pour Nicolas Hulot, le monde politique actuel, face à l’évidence, continue de : « ...se désintéresser du péril climatique, la plus grande menace qui ait jamais pesé sur l’humanité.. ». Surtout, il reproche aux écologistes d’être inaudibles : « Faute de privilégier une démarche unitaire, ils sont inaudibles ». Il faut reconnaître qu’il n’a pas tout à fait tort.
Et pourtant, on peut constater depuis quelques années la validité des positions défendues par les Verts :
Réchauffement climatique,
épuisement des ressources énergétiques,
risques sur la biodiversité,
dangers de l’agriculture productiviste...
Ces thématiques font aujourd’hui l’objet d’un large consensus à tous les niveaux. Mieux encore, certaines mesures proposées par les écolos sont reprises peu à peu par l’ensemble des organisations politiques : constructions écologiques, développement des transports propres, promotion des énergies renouvelables... Ces mesures qui, il y a 15 ans - et encore très récemment dans l’Aube (cf. l’extension du CG) - étaient moquées, sont désormais largement partagées. Les prochaines échéances électorales risquent de placer ces problématiques au centre des campagnes. Ne retenons que la question du pouvoir d’achat. Elle sera sans doute un thème fort de campagne et ne peut être dissociée de la crise pétrolière. Bref, sur le fond, l’analyse écologiste sonne souvent juste.
Mais les écolos restent « inaudibles », pour reprendre l’expression de Hulot. C’est incontestable. Les scores électoraux tardent à décoller et l’écologie est encore trop souvent considérée comme un gadget. Pour le moment, aucune mesure de fond n’a été prise. Or, et Hulot a raison de le souligner, il y a urgence.
Le réchauffement climatique se fait déjà sentir et laisse ses premières victimes (victimes des cyclones de plus en plus nombreux et violents, victimes des canicules...) Pire, selon certains scientifiques, ce réchauffement pourrait s’accélérer. Les conséquences n’en seraient que plus rapides et désastreuses. Malgré cela et comme l’a si bien dit Chirac :« la maison brûle et nous regardons ailleurs. »
C’est également l’impression laissée par les écologistes. Dans cette grande famille, on semble davantage préoccuper par le petit jeu politique que par l’écologie au sens premier du terme. Bové et d’autres restent désespérément scotchés au 29 mai 2005 ; Les Verts font semblant de se déchirer (rendant effectivement inaudible leur message) et les Lepage, Gamerre et consort font de la figuration. Certes, les querelles internes sont largement surmédiatisées et sur le terrain, les écolos agissent et font avancer le “schmilblick” mais l’impression laissée par ces déchirements est très négative.
Alors, faut-il secouer le cocotier comme semble le faire N. Hulot ? Sans doute, même si le risque de faire imploser les Verts (seule véritable organisation politique défendant l’écologie) existe. Pour (re)devenir audible, l’écologie politique doit de toute urgence guérir l’autisme qui la touche. Les conflits internes, l’émiettement en groupuscules (cap21, Génération Ecologie, MEI...), la tentation de rejoindre une ultra-gauche contestataire, l’anti-libéralisme de posture sont les symptômes de cet autisme politique. Soigner ce mal, nécessitent que les Verts s’ouvrent à toutes les sensibilités de l’écologie de Hulot à Bové en passant par Lepage (c’est l’idée d’assises de l’écologie politique de Benhamias).
Si le coup de butoir de N. Hulot peut faire bouger les choses, permettre de dépasser les étiquettes partisanes, de rassembler les écolos autour d’un ou d’une candidat(e) alors tant mieux. Car face aux crises qui s’annoncent, l’urgence est bel et bien de défendre un projet écologique.









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