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Accueil du site > Environnement > Périmètre de captage : la ville de Troyes joue petit bras.
jeudi 12 février 2009, par
- 200 visite(s) - Prévision : 1 visites aujourd'huiJeudi soir, le conseil municipal vote l’acquisition de quelques arpents de terre (avec l’aide de l’agence seine-normandie). Ces petits bouts de terrain permettront de mieux protéger la ressource en eau potable de notre ville. On s’en réjouit. Car pour le pastis qui accompagnera les barbecues de notre été, rien ne peut remplacer une eau de bonne qualité !
Au delà de ces joyeusetés anisées, il faut pourtant considérer que notre ville joue petit bras. L’effort qu’elle entreprend est, certes, intéressant, mais bien loin d’apporter la réponse qui convient. D’abord parce que cette solution est coûteuse. Oh, bien sur, notre ville ne dépensera pas toute sa fortune ! Bien sur, notre ville bénéficiera de l’aide financière de l’Agence Seine-Normandie. Mais tout de même. Les terrains acquis qui seront laissés en taillis auront été payés par les contribuables sans leur rapporter la moindre richesse. Bien sur, ces terrains, permettront de protéger notre ressource mais sur un périmètre si restreint que les retombés qualitatifs seront presque insignifiantes. Autrement dit, cette opération foncière coûtera un peu pour des bénéfices écologiques, économiques et sociaux très minces.
Sans doute. Deux expériences permettent en tout cas de penser que d’autres logiques sont à la fois possibles et bien plus efficaces que celle proposée par notre ville.
Munich d’abord. Depuis 1991, la ville allemande encourage les agriculteurs à se convertir au bio. Les résultats obtenus sont spectaculaires : Sur les 2 250 hectares de terres agricoles situées à proximité des captages d’eau potable, 83% sont passés en bio. Et, plus important encore, les teneurs en nitrates ont diminué de 43 % et celles en phytosanitaires de 54 %. (signalons que dans l’Aube, ces éléments polluants continuent de croître...). Accessoirement, les agriculteurs convertis au bio sont désormais présents sur un marché très prometteur. Ce programme n’aura finalement coûté que 1 centime d’euro par mètre cube d’eau distribuée. Une minuscule goutte d’eau comparée au coût du traitement des eaux en France (0,5 à 1 euros/m3)
Plus proche de nous, Vittel a développé une stratégie similaire. Sous l’impulsion du groupe Nestlé propriétaire des sources Vittel et de l’INRA, les agriculteurs ont été incités et accompagnés vers la conversion bio. Aujourd’hui, la plupart des agriculteurs concernés ont conclu un accord avec Nestlé et se convertissent effectivement dans le bio. Résultats : En quelques années, la teneur en nitrate des eaux en bouteille est tombée de 8 à 4,6 mg/l. Là encore, les agriculteurs sont désormais bien armés pour se lancer dans le marché croissant du bio et l’entreprise Vittel dispose de nouveau d’une ressource de qualité.
Evidemment, nos problématiques locales sont sans doute différentes de celle de Munich et de Vittel. Néanmoins, ces deux exemples invitent à penser qu’une réflexion différente est possible, si ce n’est nécessaire, pour bâtir une ville véritablement durable.