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Accueil du site > En vrac > Vivre écolo > Lire, regarder, écouter > Pétrole, transports, autoroute vus par Michel Serres
lundi 19 mai 2008, par
- 843 visite(s) - Prévision : 1 visites aujourd'huiGlanées au fil des lectures, voici quelques reflexions de Michel Serres que je vous invite à lire et à méditer dans la perspective du projet autoroutier Troyes-Auxerre-Bourges.
Michel SERRES. - « Depuis les ravages causés par Katrina dans le golfe du Mexique, il est beaucoup question, aux Etats-Unis comme en Europe, de la menace que l’amenuisement des réserves mondiales de pétrole fait peser sur le devenir de nos sociétés. Pour autant, cette prévision ne constitue en aucun cas une découverte pour les spécialistes énergétiques ! Le « mur » du pétrole est déjà connu depuis plusieurs dizaines d’années. [...] Nous avons maintenant conscience de la finitude inhérente aux ressources de pétrole. Avant de nous inviter à une réforme de nos comportements et à un « changement de paradigme », j’ai surtout le sentiment que cette problématique nous confronte à la différence entre les rythmes de prévision qu’impliquent, d’un côté, une gestion de court terme et, de l’autre, une gestion de long terme. [...]. Or, aujourd’hui, hélas, le long terme est négligé : c’est sans doute logique, dans la mesure où le journal vit dans l’urgence et la fièvre de l’actualité. Mais il n’est pas pris en compte non plus par les mondes politique et économique, dont l’horizon est borné par le futur immédiat. Comment se fait-il qu’on caresse le projet d’un immense aéroport français ou d’un programme d’autoroutes ambitieux, quand on devine les difficultés - et l’impératif de réorganisation globale - que vont entraîner des défis aussi différents que le mur du pétrole, l’avenir du système de santé, les bouleversements de l’éducation et de la recherche ?
[...]
Dès que les nouvelles technologies sont apparues, elles ont rendu désuet, dans plus d’un cas, le transport physique des personnes. D’une certaine manière, le pétrole est déjà démodé. [...] Dans ce contexte général, notre chance est d’avoir su mettre au point des technologies de substitution avant même que les industries fondées sur le « hard » disparaissent. Alors qu’il déclinait, le « hard » a été relayé par le « soft ». Et la plupart de nos pérégrinations sont, d’ores et déjà, inutiles. »
Commentaire : Bien mieux que moi, Michel Serre met donc le doigt sur le problème majeur qui est celui de la différence du niveau d’analyse, notre incapacité à nous projeter dans le long terme et à envisager, ce qui nous semble in-envisageable, c’est à dire la fin du pétrole bon marché.
On ne peut traiter un problème que nous sommes incapable d’appréhender. On ne peut envisager de changer de direction en face d’un mur que nous ne voulons pas voir. Or, notre dépendance vis à vis du pétrole est tellement grande qu’elle met sur nous des oeillères.
Voir en ligne : Le texte intégal
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