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samedi 1er septembre 2007, par
- 418 visite(s) - Prévision : 1 visites aujourd'huiDans Libération-Champagne de ce samedi, la question de l’aménagement de la place de la cathédrale est posée. André Antoine (fondateur du musée Di Marco) réclame un ré aménagement de cette place et la disparition du parking. Tellement évident que Dominique Boisseau, maire-adjoint chargé de la réqualification, nous dit que cela est impossible. Le pauvre homme voudrait bien... mais il ne peut point ! A qui la faute ? Aux riverains qui lors des réunions publiques, n’en ont pas voulu. A la disparition des financements européens.
J’ai assisté à ces réunions publics, il y a quelques années, où la requalification de la rue de la cité et du parvis de la cathédrale avaient été présentés. Je n’ai absolument pas le souvenir d’une quelconque hostilité de la part des riverains. Quelques craintes, oui... mais pas d’hostilité. J’étais même intervenu en faveur de l’implantation d’aménagements cyclables sur ce parvis. A l’époque, Dominique Boisseau m’avait répondu que cette idée serait retenue. De son côté, André Antoine explique que dans le quartier, il ne rencontre que des gens favorables à la disparition des voitures sur ce parvis ! Comment alors croire à ce que raconte M. Boisseau quand, en réalité, il ne s’agit de conserver qu’une vingtaine de places sur le parvis d’une cathédrale !!! Comment croire qu’une majorité d’habitants serait hostile à un parvis rénové et piéton !!! Surtout lorsqu’on voit les exemple de Saint-Nizier et Urbain IV. Cette explication ne tient pas une seconde la route.
Mais le plus croustillant, le plus grand « n’importe quoi », c’est l’argument financier. M. Boisseau, sans doute conscient que les habitants sont plus favorables à cet aménagement qu’il ne le dit, nous trouve une autre explication pour dire « c’est pas ma faute ! ». Et voilà le refrain : « c’est la faute à l’Europe ». C’est vraiment courageux de se cacher derrière l’Europe... La méchante Europe a réduit ses financements et cela ne permettrait plus d’envisager un ré aménagement de la place. L’Europe a toujours bon dos pour justifier notre manque de courage et nos petits renoncements... Le plus dramatique c’est que cela fonctionne ! Mais là, on nous prend vraiment pour des imbéciles ! Depuis quand, une interdiction de stationner sur une place, de circuler dans une rue (sauf évidemment pour les riverains), l’installation de trois ou quatre panneaux indiquant l’espace piéton et de quelques plantes vertes nécessitent un financement européen !!! On a su trouver des millions pour creuser un trou à bagnoles place de la Libération et on est aujourd’hui incapable de financer la rénovation du parvis de la cathédrale ? Mais de qui se moque-t-on ? Si par malheur l’explication est valable, elle signifie que les finances de notre ville sont dramatiquement plombées et qu’il est impossible d’envisager le moindre aménagement. Il y a de quoi s’inquiéter sérieusement...
C’est bien ici toute une manière d’agir qui est en question. Une façon de concevoir l’action politique au grès du vent, en s’abritant derrière de fausses excuses ou une « exception troyenne » qui ne tient pas une seconde la route. J’ai ainsi le souvenir d’un François Baroin faisant voter une salle pour me démontrer que la rue Zola ne pouvait pas être piétonne !!!! J’ai aussi le souvenir d’un Dominique Boisseau, nous expliquant dans Press’Troyes, qu’il était impossible, pour des raisons historico-techniques (! !!) de rendre cette même rue piétionne Zola. Ou encore d’un François Baroin expliquant que les rues troyennes n’étaient pas adaptées pour le vélo !!!! En réalité, à chaque fois, on se cache derrière des explications abracadabrantesques pour masquer l’inaction et les renoncements.
La volonté est gratuite et n’a besoin d’aucun financement européen. Décider de rendre le parvis de la cathédrale aux piétons, aux touristes, aux chaland, ne nécessite qu’une décision politique et l’implantation de quelques panneaux. La rue de la Montée Saint Pierre n’a absolument rien d’essentiel dans le plan de circulation du quartier. La encore, une simple volonté politique pour en faire un axe interdit à la circulation (sauf pour les riverains) peut être décidé très vite. Le cas de cette place n’est pas isolé. Dans le Centre-Ville, la place Audiffred fait également figure d’anachronisme urbain qu’il faudra avoir l’audace de traiter comme un espace rendu aux piétons !