
Notre Grenelle de l’environnement risque de bien porter son nom. Il met un terme à plusieurs mois d’agitation environnementaliste sur fond de pacte écologique et de campagnes électorales. Il a déjà fait une victime politique : les Verts. Comme en son temps, la SFIO et le PC furent les victimes de la vague bleue de juin 1968 et des présidentielles de 1969.
Les idées écolo s’imposent
Les décisions finales, portées par la communication gouvernementale, marque, c’est indéniable, les esprits : arrêts des autoroutes, plan d’économie d’énergie sur le bâtiment, réduction des pesticides... Elles sont symboliques et illustrent l’influence des idées écologiques sur l’opinion publique.
Pourquoi alors faire la fine bouche ? Les idées que portent les écologistes, les grandes orientations sont reprises ici. Pas encore dans des mesures concrètes mais l’essentiel est acquis. Ce Grenelle donne raison au projet politique que porte les Verts depuis 20 ans. Oui, notre modèle de société n’est plus viable, n’est plus soutenable à moyen et long terme. Tout le monde le reconnaît aujourd’hui. Oui, il faut sortir de ce modèle et construire un nouvelle société basée sur la sobriété et le partage plus équitable de nos ressources. Evidemment, rien n’est encore acquis et ce Grenelle n’est que la première pierre d’un édifice qui sera long à contruire. Mais, le « Vert » est dans le fruit. C’est là une vraie raison de se réjouir.
Le plus dur reste à venir : faire appliquer ces grandes décisions
Il ne faut pas être dupe. Le plus dur reste à venir. A savoir, l’application des grands principes édictés dans ce Grenelle. Qu’adviendra-t-il de la loi-cadre qui devra poser les principes de ce Grenelle ? Que feront les députés UMP farouchement favorables aux autoroutes, aux OGM ? Vont-ils, sous la pression des lobbys qu’on a par exemple vu agir à Chalons en Champagne, détrictoter tout l’ouvrage ? Comment seront financées les grands plans d’isolation, de développement des transports propres ? Ce sera le travail des écologistes (politiques ou associatifs) de veiller à transformer l’essai marqué.
Des mesures ambivalentes et floues
Une autre interrogation réside dans les ambivalences et les contradictions des mesures annoncées.
Le cas des constructions autoroutières illustre parfaitement ce problème. Les conclusions proposent : « Les nouvelles infrastructures routières et autoroutières seront limitées à la résolution des cas de sécurité et de congestion, ou d’intérêt local. Ce principe s’appliquera avec bon sens. ». Autant dire que tout ou presque semble permis ! Sur les OGM, on propose un gel des cultures jusqu’en mars. Ce qui ne signifie rien puisque les semis pour la prochaine récolte n’auront lieu qu’à partir de la mi-avril ! Sur les pesticides, l’objectif de réduction est affiché mais sous condition que des alternatives puissent exister. La Taxe Carbone n’est pas validée mais simplement mise à l’étude...
Le travail de vigilance commence
Autant dire qu’il faudra rester très vigilant. L’essentiel du travail est devant nous : comment faire appliquer avec la plus grande ambition possible, les mesures décidées dans ce Grenelle ? Ce sera le travail de vigilance des ONG de l’Alliance et des Verts dans les différentes institutions politiques.









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