
Une bonne politique cyclable doit avoir un double objectif : développer l’usage quotidien du vélo (en tant que mode de déplacement à part entière) et réduire la place de l’automobile en ville. Le résultat se jugera par la croissance de la part modale du vélo dans les déplacements. Pour mémoire, elle est à Troyes de moins de 3%. Oserai-je vous parler de villes comme comme Ferrare en Italie (160 000 habitants) ou Västeräs en Suède (115 000 habitants) où ce taux dépasse les 30% ??!!
Objectif 1 : Atteindre un minimum de 10% des déplacements quotidiens à vélo d’ici 6 ans.
La place du vélo est sur la chaussée. Le trottoir doit rester au piéton et les pistes en site propre sont à réserver aux axes les plus dangereux. Réduire la place de la voiture en ville suppose que le vélo trouve les conditions nécessaires pour imposer sa présence et le respect sur la chaussée.
Objectif 2 : développer des aménagements cyclables adaptés aux conditions de circulation.
La pratique quotidienne du vélo s’accommode assez mal d’un trafic élevé et de vitesse élevée. De manière générale, le cycliste préfère les axes peu fréquentés où la vitesse des voitures est la plus réduite possible. Les zones 30, les vraies, celles où le cyclistes et le piéton sont effectivement prioritaire sont donc des aménagements à privilégier. Celle que nous connaissons à Troyes sont très loin d’être de bons exemples. La voiture y reste, de fait, prioritaire.
Objectif 3 : Créer une zone 30 sur l’ensemble du Bouchon
Sur la chaussée, le cycliste préfère garder ses distances avec les automobiles (que celles-ci roulent ou non !). Il convient donc d’assurer des bandes cyclables larges (au moins 1,50m) et de garantir une distance entre la bande et le véhicule en stationnement suffisante.
Objectif 4 : Privilégier, en ville, les bandes cyclables larges et à distance raisonnables des véhicules stationnés
Le cycliste n’aime pas les détours même si ceux si sont correctement aménagés. Le cycliste préfère les itinéraires les plus courts. Ce sont ceux là qu’il faut privilégier. Cela suppose une bonne connaissance des besoins et la mise en place d’aménagements ponctuels (contre-sens, autorisation à circuler sur les couloirs de bus, ouverture de quelques voies privées, signalétiques adaptées...).
Objectif 5 : Généraliser les SUL (contre-sens cyclables) autant que possible, autoriser la circulation des cycles dans les couloirs de bus, mettre en place des itinéraires cyclables.
Le cycliste aime pouvoir stationner le plus près possible de l’endroit où il se rend. Il convient donc de privilégier des systèmes de stationnement simples, répartis régulièrement. Il suffit par exemple, dans chaque rue, de neutraliser une place de stationnement pour y installer quelques arceaux (type U inversé). 1 place de stationnement peut permettre de garer 6 ou 7 vélos !
Objectif 6 : Développer de façon régulière des stationnements vélos dans toute la ville
Le cycliste aime rouler sur un revêtement stable, lisse, bien entretenu. Pas de problème, même pour les rues pavées du centre, il existe de solutions techniques pour aménager une bande de roulement satisfaisante.
Objectif 7 : entretenir les pistes cyclables et veiller au confort des utilisateurs.
Évidemment, ces principes généraux sont moins spectaculaires que le plan vélo annoncé par la CAT. Moins sexy, certes, mais sans doute bien plus efficace pour qui souhaite vraiment ré-équilibrer les modes de déplacement en ville.









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