Accueil du site > La ville > Sur les quais, la promenade tombe à l’eau pour faire gagner 180 (...)
samedi 18 février 2012, par | article consulté 77 fois
J’aurais du m’en douter... Un tel slogan « Les quais se mettent en Seine » était déjà un aveu. Certes, on ré-aménageait les quais de Seine, mais cette opération ne serait finalement qu’une mise en seinescène... un spectacle, une pure fiction pour nous faire avaler une histoire ; avec, pour nous éblouir, de belles images de synthèse.
C’était une belle mise en scène, avec à la baguette, François Baroin, le magicien des Finances, le David Copperfield du triple A.... Une belle mise en scène, pleine de promesses. D’ailleurs, Fanfan annonçait, fin 2010 : « 5 à 600 mètres de promenade ». A priori, pouvait-on se dire, 600 mètres de promenade, ça ne se fait pas en bagnole !
D’autant que la presse locale lui emboîtait le pas et apportait quelques précisions :
« La suppression de la circulation entre la place de la Libération et le théâtre de Champagne. Et même au-delà... » [1] « [Les voitures] ne seront plus autorisées qu’au pied des immeubles des professionnels de santé, implantés entre les rues Hennequin et des Cordeliers (derrière la prison). » [2]
Un peu trop naïfs, nous sommes beaucoup à avoir cru cette fable d’une promenade réservée aux piétons et aux vélos... La présentation du projet sur le site dédié ou les images de synthèse ne disaient d’ailleurs pas autre chose. De bien belles images, parfaites pour nous convaincre, nous éblouir ou nous endormir. Pas une seule voiture entre la rue Salengro et la rue de la Cité. Rien d’autre que quelques piétons, des enfants au milieu de la chaussée, des vélos et des fleurs (pour le côté bucolique). Pas de voiture non plus, entre la rue de la Cité et la rue Hennequin. Encore des fleurs, des arbres, des enfants...
Et seulement deux petites voitures circulant entre la rue Hennequin et celle des Cordeliers. Comment ne pas croire à cette promenade promise ?
Aujourd’hui, c’est le retour à la réalité, avec cette douloureuse impression de s’être fait empapaouter ! On se réveille, les gars ! Et on arrête de croire aux rêves ! Du projet initial, en tout cas celui que j’avais cru voir, il ne reste rien ou presque, sinon des pavés et des arbres. La promenade s’est transformée en trois morceaux mal reliés, mal compris, mal foutus. Au total, ce quai de seulement 300 mètres de long comporte 3 secteurs avec 3 règlementations différentes ! Un exploit d’une simplicité digne de l’administration française.
Dans le détail, le premier secteur est devenu une zone de rencontre où les gamins feront mieux de rester sur le trottoir pour laisser passer les bagnoles engagées là pour faire demi-tour plus loin ! C’est beaucoup moins bucolique et surtout pas très malin pour la petite fille à vélo qui, sur l’image de synthèse, risque sa vie ! Le 2e morceau reste lui piéton. Idéal pour faire les 100 pas... Le 3e sera une « zone 30 » avec de jolis trottoirs suffisamment haut pour se casser la gueule. Pour les piétons, il faudra donc, tantôt marcher sur les trottoirs, tantôt marcher sur la chaussée, et parfois un peu sur les deux en veillant à ne pas se faire renverser ! Et les vélos ? Ils iront là où ils peuvent : sur les trottoirs pour emmerder les piétons ou sur la chaussée pour faire chier les bagnoles, là encore selon le morceau choisi, en roulant tantôt au pas, tantôt à allure normale. Pour le fun, nos cyclistes pourront même remonter notre premier morceau à contre-sens, histoire de permettre quelques brutales rencontres entre vélos et autos ! Simple, non ?
Ce n’était pourtant pas le bout du monde, me semble-t-il, de faire un truc cohérent, clair et lisible.
S’agissait-il de faire une promenade sans nuire aux professionnels installés essentiellement entre la rue Hennequin et la rue des Cordeliers ? Alors, deux zones piétonnes (entre la rue Salengro et la rue Hennequin) et une zone de rencontre (pour permettre l’accès des clients) semblaient un compromis acceptable.
Et les bagnoles ? Que faire des bagnoles qui, sur le quai Dampierre, ralentissent le trafic en voulant tourner à gauche pour rejoindre le parking Cathédrale ou la rue Clémenceau ? Leur interdire de tourner à gauche ? Pourquoi pas. C’est ce qui a été fait avec la contrepartie idiote d’ouvrir à la circulation une partie du quai des Comtes de Champagne qu’on croyait promise à la promenade.
Or, il suffisait, avec une bonne signalétique, de faire passer ces bagnoles par la rue Boucherat ou de les ramener dans le bon sens en les invitant à rejoindre le futur rond-point qui sera installé dans les mois prochains derrière le théâtre de Champagne. Solution simple, pratique, qui permettait de préserver une continuité dans la promenade et d’éviter le risque d’accident inhérent à cette zone de rencontre. Seul inconvénient, les quelques bagnoles concernées auraient été obligées à faire un long, très long détour de... 180 mètres [3] !!! Force est de constater qu’on a préféré sacrifier cette belle promenade et créer un truc sans nom pour juste permettre à quelques bagnoles de faire 180 mètres de moins. Ça laisse songeur...
Voir en ligne : http://www.auboisementcorrect.com/9...
Distance d’accès au parking Cathédrale, depuis le carrefour du quai de la Fontaine / rue Salengro
Hypothèse 1 (situation actuelle en rouge) : Itinéraire par le quai des comtes de Champagne : 270 mètres
Hypothèse 2 (en vert) : Itinéraire par la rue Boucherat et la rue de la Cité : 450 mètres (+180 mètres)
Hypothèse 3 (en bleu) : Itinéraire par le rond point du Théâtre de Champagne : 780 mètres (+510 mètres)
[1] Est-Eclair du 5 novembre 2010
[2] Est-Eclair du 10 novembre 2010
[3] dans l’hypothèse d’un parcours par la rue Boucherat