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Se déplacer

Transports : La faute à Voltaire.

D’ici quelques mois les travaux du pont Voltaire vont débuter. Ils se dérouleront du mois d’août prochain, jusqu’au premier trimestre 2009. L’ouvrage, âgé de plus de 100 ans (115 ans précisément) a besoin, c’est indéniable, d’un bon coup de jeune.

Cette colonne vertébrale entre Troyes et Sainte-Savine sera donc, en partie coupée pendant plusieurs mois. Depuis les travaux de requalification de la rue Zola, c’est sans doute l’opération la plus importante en matière de circulation dans l’agglomération.

Les conséquences seront évidemment nombreuses pour chacun des habitants de l’agglomération. Pour y faire face et limiter les perturbations inévitables, la CAT nous promet un autopont et une passerelle piétonne.

L’autopont en question devrait permettre, nous dit encore la CAT, de maintenir, sur un seul sens de circulation, une partie du trafic voiture et bus. Si les choses demeurent en l’état, le reste du trafic devrait logiquement se reporter sur d’autres voies de circulation de l’agglomération. Il faut donc s’attendre, pendant les 7 à 8 mois de travaux, à un bordel considérable, à la fois sur le secteur Voltaire-Gare mais aussi sur d’autres axes de l’agglomération.

Tout cela ne serait finalement qu’ « un difficile moment à passer », « un mal nécessaire ». C’est vrai. Mais ces mois douloureux pour toutes celles et ceux qui se déplacent, pourraient aussi être l’occasion de sensibiliser, d’expérimenter d’autres moyens de se déplacer. Autrement dit, quitte à souffrir, autant tirer avantage de cette souffrance et préparer l’avenir.

D’autant plus que le contexte actuel se prête à l’audace. Avec un baril à plus de 130$ (bientôt à 150$), l’urgence d’envisager d’autres moyens de se déplacer en ville est évidente. Les esprits sont prêts. Et ce n’est de toute manière pas l’autopont et le maintien d’une circulation « polluante » qui empêcheront la grogne et la pagaille pendant ces 7 à 8 mois. Préparer l’avenir des déplacements sans pétrole et faire preuve d’audace

Faire preuve d’audace serait d’interdire les automobiles particulières (sauf les riverains) d’emprunter cet autopont. Une audace bien modeste puisque, il y a encore quelques mois, la CAT n’envisageait aucun autopont et donc plus aucune circulation sur cet axe pendant toute la durée des travaux.

Faire preuve d’audace serait de restreindre l’utilisation de cet autopont à la seule circulation « douce » (bus, vélo et pourquoi pas covoiturage...), mais dans les deux sens, par des feux alternés.

Faire preuve d’audace serait de proposer, pour les lignes de bus qui empruntent cet axe, la gratuité pendant la durée des travaux. Voilà qui serait une façon intelligente de compenser la gène occasionnée tout en favorisant l’utilisation des bus.

Finalement, ces longs mois de perturbation du trafic pourraient être, avec un zeste d’imagination et de courage, une bonne occasion pour notre ville et notre agglomération, d’impulser de nouveaux comportements dans la manière de se déplacer en ville. Ce n’est hélas, pas la direction que nos responsables semblent vouloir prendre.