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Accueil du site > En vrac > Alerter, discuter, proposer > Troyes-Auxerre-Bourges : Un coup on avance, un coup on recule...
mardi 28 août 2007, par
- 275 visite(s) - Prévision : 1 visites aujourd'huiLa récente suspension du débat public sur la liaison Troyes-Auxerre-Bourges a donné lieu à quelques interventions des responsables politiques locaux dans les médias. Le projet avance, le projet recule...
Alors, comment voulez-vous... comment voulez-vous croire encore en ceux qui dirigent notre département ? Depuis belle lurette, les élus socialistes, communistes ou UMP, nous mènent en bateau. A défaut d’idée pour le développement de notre département et notre ville, à défaut d’un projet fédérateur et novateur, ils nous ressortent chaque fois les vieilles recettes, les serpents de mer auxquels plus personne ne croit...
Car lorsqu’on manque d’idées (surtout en période électorale) une autoroute, c’est bien pratique. Enrobez-là dans un pseudo discours sur l’amélioration des voies de communication, essentielles pour le « désenclavement » de notre département, mettez une pincée de « développement économique », de « créations d’emplois » et vous obtenez un joli plat, certes appétissant, mais absolument indigeste.
Au PS comme à l’UMP, c’est le même discours. Un consensus mou, très mou autour d’un projet presque aussi vieux que moi ! C’est tout dire de l’efficacité de ces responsables qui, d’accord sur tout, ne parviennent à rien.
Et pour cause, s’ils échouent sur ce projet c’est sans doute parce qu’eux même n’y croient pas. C’est sans doute surtout parce que Socialistes et UMP défendent cette bande de bitume comme les vieux couples font l’amour le samedi soir devant la télé : une sorte de réflexe, une brève occupation pour retrouver un plaisir qu’on aura plus et s’endormir avec la fierté du devoir accompli !
Le plus grave n’est peut être pas là. Car, les vieux couples ont aussi le droit à quelques plaisirs. Et si les dirigeants socialistes et UMP usés et vieillis peuvent encore éprouver quelques satisfactions politiques en s’agitant contre l’asphalte chaud : tant mieux !
Le plus grave, c’est d’abord l’incohérence, l’ignorance ou la duperie. On ne s’engage pas dans un pacte écologique sans en mesurer toutes les implications. Or, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy avaient promis, la main sur le coeur, de faire de l’écologie et de la lutte contre le réchauffement climatique une priorité. Localement, aucun des socialistes et umpiste ne pouvaient feindre de ne pas voir la contradiction flagrante entre ce projet autoroutier et les engagements écologiques de leur champion ou championne. Sauf si on ignore tout du rôle des transports dans le réchauffement climatique ; sauf si on préfère masquer le vide d’un projet politique. Aucun responsable ne peut prétendre aujourd’hui être surpris de la suspension du débat. Et les colères surfaites de Mathis ou d’Adnot ne trompent que ceux qui veulent bien les croire.
Le plus grave, c’est aussi cette vacuité politique qui entoure ce projet. Faire de la politique, c’est anticiper et préparer l’avenir ; pour nous mêmes mais aussi pour les générations futures. Or ici, rien n’est politique. Rien dans cette autoroute ne prépare notre avenir ni même celui de nos enfants. C’est même tout le contraire. En la construisant, nous aurions le droit à davantage de trafic, davantage d’émission de CO2 pour gagner quelques minutes entre Troyes et Auxerre ! Est-ce bien là une façon de construire le monde que nous laisserons à nos enfants ? Evidemment, on nous promet des emplois ; mais quels emplois ? Ceux d’entreprises qui quitteraient Auxerre, Chaumont ou Langres pour s’installer à Troyes ? Veut-on construire un département qui, pour s’en sortir, devienne le prédateur des emplois des ses voisins ? Là encore, c’est toute la vacuité politique de nos responsables qui se fait jour.
Le plus grave enfin, c’est tout ce retard pris dans la sécurisation de ce parcours. Que de temps perdu, à attendre une autoroute que ne viendra jamais ! Que de temps qui aurait pu permettre de mettre en place des contournements des villages, des voies de dépassements, des zones refuges...
Hélas, on peut craindre qu’il ne faille encore attendre : Attendre les décisions du Grenelle de l’environnement et un éventuelle moratoire sur les autoroutes ; attendre que les dirigeants locaux se décident à faire vraiment de la politique, à construire le XXIe siècle avec autre chose qu’un peu d’asphalte.
Voir en ligne : Paru sur auboisementcorrect