
C’est désormais une certitude : le projet d’extension du Conseil Général ne verra pas le jour. Le tribunal de Chalons en Champagne vient de donner raison à l’ARPEHD en annulant le permis de construire.
L’affaire avait des allures de "cause perdue" lorsque, il y a deux ans, différentes personnalités de l’Aube (Gérard Nayrac, Philippe Beury, Françoise Delplanque, Bernard Voix, Daniele Ortéga, Jean-Louis Peudon et moi-même) se sont retrouvés pour lutter contre ce projet d’un autre âge.
En plein coeur du Centre historique, il était question de construire un bâtiment surdimensionné, à l’architecture contemporaine, en rupture totale avec le site urbain et sans aucune considération environnementale.
C’était suffisant pour réunir des amoureux du patrimoine, des soldats de la SAT blessés par l’inaction de leur association et des écologistes convaincus qu’une telle construction ne devait plus exister.
Au départ, on ne donnait pas cher de notre peau. Nous n’étions, aux yeux des fidèles du président du Conseil Général et d’une partie des élus de la majorité municipale, que quelques "excités" guidés par de sombres visées politiciennes. Et comme, disait-on à l’époque, nous n’y connaissions rien. L’affaire serait vite entendue. Pourtant, après un long combat, après le mépris des uns et la suffisance des autres, la justice a donné raison à notre analyse.
Le projet présenté ne respectait pas les règles d’urbanisme et du secteur sauvegardé. Sa construction est donc illégale et le permis de construire annulé !
Comme on pouvait le craindre, les contre-pouvoirs dans cette affaire ont failli :
La SAT, dont la raion d’être était la sauvegarde du patrimoine troyen, n’a pas joué son rôle. N’est-elle plus aujourd’hui qu’une association de promeneurs du vieux Troyes ?
La mairie et M. Boisseau, qui a toujours défendu ce projet, a également failli, en n’intervenant pas pour protéger le secteur sauvegardé et faire appliquer le réglement qu’elle a édicté. L’aura de l’adjoint à la requalification est sérieusement atteint.
L’opposition politique est restée endormie, prostrée.
Seuls les Verts (dont Jean Marc Massin au Conseil Général) ont publiquement condamné le projet et apporté leur soutien à l’ARPEHD.
Maintenant que ce projet va rejoindre les fonds des cartons du CG, il faut remercier le travail remarquable de Gérard Nayrac, un vrai défenseur de Troyes ; celui de Philippe Beury dont la présence au sein de l’ARPEHD fut décisive et toutes celles et ceux qui ont apporté leur pierre à l’édifice de cette victoire.
C’est pour moi une vraie fierté d’avoir finalement permis de faire entendre la voix citoyenne. C’est également une grande satisfaction d’avoir pu faire entendre la voix de l’écologie.
Un autre projet va sans doute sortir des cartons. Il faudra être particulièrement vigilant pour que celui-ci soit en harmonie avec le Secteur Sauvegardé et exemplaire en matière environnementale.









J’adresse toutes mes félicitations à l’ARPEHD qui a mieux défendu l’intérêt général que les élus de droite et de gauche (à la notable exception de M. Massin et des Verts)
J’arrive au gré d’une navigation web genre ping pong sur cet info qui m’a intrigué. Je ne connais pas le projet, et les images proposées au format timbre poste ne me permettent pas d’avoir un vision suffisante.
... Mais j’ai néanmoins une remarque d’ordre général : J’espère seulement que "l’arpehd" n’est pas le fruit d’une conception étriquée du respect de l’environnement urbain. Pour résumer, je n’ai pas envie de crever étouffé dans un musée géant.
Mais peut-être aviez-vous raison ??? Faites gaffe quand même à pas mourir con.
PS : Protester, c’est bien ... c’est même parfois un devoir. Mais toute condamnation d’un projet architectural devrait s’accompagner d’une contre-proposition concrète ... Etait-ce le cas ???
Je vous renvoie à cette adresse : les images du projet sur le site de l’ARPEHD.
Pour ce qui est de vos craintes, il existe à l’ARPEHD différentes sensibilités :
la première (et la plus importante, la plus transversale) concerne le respect du Secteur Sauvegardé de Troyes. Notre ville détient un patrimoine architectural unique dont la principale caractéristique est sa trame viaire restée préservée et l’absence de grand monument. Cette construction constituait une rupture avec cet urbanisme et était en contradiction avec les réglementations en vigueur. Ce projet risquait d’anéantir dans un quartier entier les efforts de préservation et de mise en valeur du patrimoine. C’est ce que nous pensions ; c’est ce qu’ont confirmé les juges.
Une autre sensibilité souhaitait un projet plus écolo. Le projet ne l’était pas du tout (de grandes vitrées au Nord !!) et se contentait de respectait la réglementation minimale.
Le prochain projet sera HQE. C’est l’un des points victorieux de l’ARPEHD et cela répond en partie à votre question sur un contre projet.
Pour être plus complet, l’ARPEHD souhaite mettre en place un vrai programme qui associe, comme le préconise le ministère, le maître d’oeuvre, les associations, les usagers... Ce programme pourra définir précisément les besoins, les contraintes liées à l’environnement historique... Il me faudrait des dizaines de lignes pour vous l’évoquer, je vous laisse consulter le site de l’association ARPEHD